Jubile Miséricorde

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« Que le Jubilé de la Miséricorde apporte à tous la bonté et la tendresse de Dieu ! »  tweet 8 décembre 2015

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Lettre apostolique du pape François «Misericordia et misera»

«A ceux qui liront cette Lettre Apostolique miséricorde et paix »

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EN AVANT, VOICI L'AVENT !

Noël vous prend toujours par surprise. La fête vous arrive avant même que vous ayez pu l’apercevoir. Et pour peu que vous n’ayez pu faire à temps vos achats de cadeaux, vous voilà dans la presse du 24 décembre qui, hélas, tombe immanquablement la veille du 25 ! Et pourtant, les commerçants vous avaient prévenus : c’est Noël !

Décidément, Noël vous prend par surprise. Comme un virage trop vite abordé et pourtant signalé.

Et puis il y a de l’étrange et du louche dans cette fête de Sapins et neige synthétique, père Noël, traîneaux et cadeaux, Mon beau sapin, O douce nuit…, airs si familiers et si déformés qu’on ne sait plus ce qu’ils signifient ; crèche d’aujourd’hui pour nous arracher un instant de pitié et de bonté : pensez aux enfants d’ailleurs ou d’ici, qui meurent de faim et de bien d’autres causes ; cadeaux que l’on donne alors qu’on aurait voulu les recevoir ; réveillon, foie gras et champagne, fête et solitude… Mon Dieu, que se cache-t-il derrière tout cela ?

Un vague souvenir : un enfant né dans une crèche. Mais qu’est-ce qu’une crèche ? Et pourquoi cet enfant-là plutôt que d’autres ? Marie, Joseph, une fable ? Un récit ? Noël : de quel souvenir s’agit-il ? Surtout si, pour vous, remonte d’abord le souvenir des Noëls de votre enfance. A condition que vous ayez eu une enfance ou que, du moins, aujourd’hui vous puissiez la rêver !

Noël : messe de minuit, les églises, le vide ou la foule. Pourquoi ? A coup sûr, on nous cache quelque chose.

Noël : chant de paix. Suffit-il donc d’oublier que toujours, quelque par sur notre terre, la guerre sévit ?

Noël : cri de bonheur et d’innocence. Suffit-il dont d’oublier le malheur et la veulerie ?

Noël : geste de bonté. Suffit-il donc d’oublier la cruauté et la douleur ?

Noël : des « contes de Noël ». Noël ne serait-il que le conte d’une nuit ?

Il doit y avoir un secret. Un secret ? Quel secret ?

Je ne vous livre pas le secret de Noël. La raison est simple : vous n’êtes pas encore en état de le recevoir. Ne vous vexez pas ; je ne veux pas vous offenser. Mais si vous en étiez capables, vous pressentiriez comme il convient de vivre avec ce secret, de l’apprivoiser, de le faire, peu à peu se livrer.

Je vous invite à faire un chemin que nous sommes nombreux à suivre. Un chemin qui ouvre la porte de l’émerveillement sans lequel personne ne peut reconnaître la vérité, la merveille de Dieu pour l’homme, la merveille qu’est l’homme aimé de Dieu.

En avant, voici l’Avent !

Jean Marie Lustiger

Source : http://www.philosophie-poeme.com/beaux-textes-philosophiques-et-spirituels-c27514900/3

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Jubilé de la miséricorde
fermeture des Portes Saintes le 13 novembre 2016
La fermeture des Portes Saintes de la Miséricorde des trois des basiliques papales aura lieu dimanche prochain, 13 novembre 2016 : à Saint-Jean-de-Latran, à 17 h 30; à Saint-Paul-hors-les-Murs à 17 h, et à Sainte-Marie-Majeure, à 18 h, indique un communiqué du Saint-Siège.
Le même jour seront fermées les portes de la Miséricorde dans toutes les églises et les sanctuaires du monde.
La porte de la basilique Saint-Pierre sera fermée par le pape François le 20 novembre 2016, le jour où prend fin l’Année jubilaire de la Miséricorde.
Le pape François a ouvert la première Porte Sainte du Jubilé extraordinaire de la miséricorde, le 29 novembre 2015, à la cathédrale Notre-Dame de Bangui, en République Centrafricaine.
Il a ouvert la Porte Sainte de la basilique Saint-Pierre le 8 décembre 2015, en la fête de l’Immaculée et jour du 50e anniversaire de la clôture du concile Vatican II.
Les portes des autres églises de Rome et du monde ont été ouvertes le 13 décembre 2015. Marina Droujinina
source : https://fr.zenit.org/articles/jubile-de-la-misericorde-fermeture-des-portes-saintes-le-13-novembre-2016/
CANONISATION DE MÈRE TÉRÉSA
 Rome le 4 septembre 2016

 

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 Photo Jubilé Des Bénévoles De La Miséricorde © L’Osservatore Romano

Jubilé du bénévolat de la miséricorde (texte complet)

«Vous exprimez l’un des désirs les plus beaux du cœur de l’homme, celui de faire sentir à une personne qui souffre qu’elle est aimée» : le pape François a rendu hommage à l’engagement, souvent caché, des bénévoles, et il les a invités à parler avec Jésus spécialement pour les services qu’ils doivent accomplir pour soulager les souffrance des autres.
Le pape a en effet présidé, ce samedi 3 septembre 2016, place Saint-Pierre, une audience «jubilaire spéciale» à l’occasion du «Jubilé des volontaires de la miséricorde».
Ce jubilé sera marqué, demain, dimanche 4 septembre à 10h30, place Saint-Pierre, par la canonisation de la bienheureuse Mère Teresa de Calcutta (1910-1997).
Le pape a rendu hommage à l’engagement des bénévoles en disant: «Frères et sœurs, vous représentez ici le monde grand et varié du bénévolat. Vous comptez parmi les réalités les plus précieuses de l’Eglise, vous qui chaque jour, souvent dans le silence et en secret, donnez forme et visibilité à la miséricorde. Vous êtes des artisans de la miséricorde : par vos mains, vos yeux, votre écoute, votre proximité, par vos caresses… Des artisans ! Vous exprimez l’un des désirs les plus beaux du cœur de l’homme, celui de faire sentir à une personne qui souffre qu’elle est aimée. Dans les diverses situations de besoin et de nécessité de beaucoup de personnes, votre présence est la main tendue du Christ qui rejoint chacun. Vous êtes la main tendue du Christ : vous avez pensé à cela ?»
Le pape a résumé son message dans un tweet posté cet après-midi sur son compte @Pontifex_fr:
«Imitons Mère Teresa qui a fait des œuvres de miséricorde l’orientation de sa vie et de son chemin vers la sainteté.» [….]
 
Catéchèse du pape François
Chers frères et sœurs, bonjour.
Nous avons entendu l’hymne à l’amour que l’Apôtre Paul a écrit pour la communauté de Corinthe, et qui est l’une des pages les plus belles et les plus exigeantes pour le témoignage de notre foi (cf. 1Co 13,1-13). Que de fois saint Paul a parlé de l’amour et de la foi dans ses écrits ! Pourtant dans ce texte-ci quelque chose d’extraordinairement grand et original nous est offert. Il affirme que, à la différence de la foi et de l’espérance, l’amour « ne passera jamais » (v. 8).
Cet enseignement doit être pour nous d’une certitude indestructible ; l’amour de Dieu ne fera jamais défaut dans notre vie ni dans l’histoire du monde. C’est un amour qui demeure toujours jeune, actif, dynamique et qui attire à lui de manière incomparable. C’est un amour fidèle qui ne trahit pas, malgré nos contradictions. C’est un amour fécond qui donne la vie et qui va au-delà de notre paresse. De cet amour nous sommes tous témoins. L’amour de Dieu, en effet, vient à notre rencontre ; il est comme un fleuve en crue qui nous emporte, mais sans nous détruire ; bien au contraire, il est une condition de vie : « S’il me manque l’amour, je ne suis rien » – dit saint Paul (v. 2). Plus nous nous laissons prendre par cet amour, plus notre vie est régénérée. Nous devrions dire vraiment de toutes nos forces : je suis aimé, donc j’existe ! L’amour dont parle l’Apôtre n’est pas une chose abstraite ou vague ; au contraire, c’est un amour qui se voit, se touche et s’expérimente personnellement. La forme la plus grande et expressive de cet amour, c’est Jésus. Toute sa personne et toute sa vie ne sont autre que la manifestation concrète de l’amour du Père, jusqu’à parvenir au moment le plus important : « La preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs » (Rm 5, 8). C’est cela, l’amour ! Ce ne sont pas des paroles, c’est l’amour.
Du calvaire, où la souffrance du Fils de Dieu atteint son sommet, jaillit la source de l’amour qui efface tout péché et qui recrée tout pour une vie nouvelle. Portons toujours avec nous, de manière indélébile, cette certitude de foi : « Le Christ « m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi » (Ga 2, 20). Voilà la grande certitude : le Christ m’a aimé, et il s’est livré lui-même pour moi, pour toi, pour toi, pour tous, pour chacun de nous ! Rien ni personne ne pourra jamais nous séparer de l’amour de Dieu (cf. Rm 8, 35-39). L’amour est donc la plus grande expression de toute la vie et nous permet d’exister ! Face à ce contenu si essentiel de la foi, l’Eglise ne pourra jamais se permettre d’agir comme l’ont fait le prêtre et le lévite vis-à-vis de l’homme laissé à terre à moitié mort. (cf. Lc 10, 25-36). On ne peut pas détourner le regard et se tourner de l’autre côté pour ne pas voir les formes de pauvreté si nombreuses qui demandent miséricorde. C’est cela, se tourner de l’autre côté pour ne pas voir la faim, les maladies, les personnes exploitées…, c’est un péché grave ! C’est aussi un péché moderne, c’est un péché d’aujourd’hui !
Nous, chrétiens, nous ne pouvons pas nous permettre cela. Ce ne serait pas digne de l’Eglise ni d’un chrétien de « passer outre » et de supporter d’avoir la conscience tranquille simplement parce que nous avons prié ou parce que je suis allé à la messe le dimanche. NON. Le Calvaire est toujours actuel ; il n’a pas du tout disparu ni n’est réduit à une belle peinture dans nos églises. Ce sommet de compassion d’où jaillit l’amour de Dieu vis-à-vis de la misère humaine parle encore à notre temps et pousse à donner toujours de nouveaux signes de miséricorde. Je ne me lasserai jamais de dire que la miséricorde de Dieu n’est pas une belle idée mais une action concrète. Il n’y a pas de miséricorde sans concret. La miséricorde, ce n’est pas de faire le bien « en passant » c’est s’engager là où il y a le mal, où il y a la maladie, où il y a tant d’exploitations humaines. Et de même la miséricorde humaine n’est miséricorde tant qu’elle n’est pas devenue concrète dans l’agir quotidien. L’avertissement de l’Apôtre Jean demeure toujours valable: « Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité » (1Jn 3, 18). La vérité de la miséricorde, en effet, se trouve dans nos gestes quotidiens qui rendent visibles l’agir de Dieu au milieu de nous.
Frères et sœurs, vous représentez ici le monde grand et varié du bénévolat. Vous comptez parmi les réalités les plus précieuses de l’Eglise, vous qui chaque jour, souvent dans le silence et en secret, donnez forme et visibilité à la miséricorde. Vous êtes des artisans de la miséricorde : par vos mains, vos yeux, votre écoute, votre proximité, par vos caresses… Des artisans ! Vous exprimez l’un des désirs les plus beaux du cœur de l’homme, celui de faire sentir à une personne qui souffre qu’elle est aimée. Dans les diverses situations de besoin et de nécessité de beaucoup de personnes, votre présence est la main tendue du Christ qui rejoint chacun. Vous êtes la main tendue du Christ : vous avez pensé à cela ?
La crédibilité de l’Église passe de manière convaincante aussi à travers votre service des enfants abandonnés, des malades, des pauvres sans nourriture ni travail, des personnes âgées, ses sans toit, des prisonniers, des réfugiés et des immigrés, de tous ceux qui sont touchés par les catastrophes naturelles… Bref, partout où il y a une demande d’aide, arrive votre témoignage actif et désintéressé. Vous rendez visible la loi du Christ, celle qui consiste à porter les fardeaux les uns des autres (cf. Ga 6, 2 ; Jn 13, 34).
Chers frères et sœurs, vous touchez de vos mains la chair du Christ. Soyez toujours prêts à la solidarité, forts dans la proximité, actifs pour susciter la joie et convaincants dans la consolation. Le monde a besoin de signes concrets de solidarité, surtout face à la tentation de l’indifférence, et il demande des personnes capables de contrer par leur vie l’individualisme, le fait de ne penser qu’à soi et de se désintéresser des frères dans le besoin. Soyez toujours contents et remplis de joie dans votre service ; mais n’en faites jamais un motif de présomption qui vous conduirait à vous sentir meilleurs que les autres. En revanche, que votre œuvre de miséricorde soit l’humble et éloquent prolongement de Jésus-Christ qui continue à se pencher et à prendre soin de celui qui souffre. L’amour, en effet, « édifie » (1 Co 8, 1) et jour après jour permet à nos communautés d’être signe de la communion fraternelle.
Et parlez de ces choses avec le Seigneur. Appelez-le. Faites comme a fait Sister Preyma, comme la sœur nous l’a raconté : elle a frappé à la porte du tabernacle. Tellement courageuse ! Le Seigneur nous écoute : appelez-le ! Seigneur, regarde cela… Regarde tant de pauvreté, tant d’indifférence, tant de regards tournés de l’autre côté : « Cela ne me regarde pas, cela ne m’importe pas ». Parlez-en avec le Seigneur : « Seigneur, pourquoi ? Seigneur, pourquoi ? Pourquoi suis-je si faible et tu m’as appelé à faire ce service ? Aide-moi, donne-moi la force, et donne-moi l’humilité ». Le noyau de la miséricorde, c’est ce dialogue avec le cœur miséricordieux de Jésus.
Demain, nous aurons la joie de voir Mère Teresa proclamée sainte (Applaudissements). Elle le mérite ! Ce témoignage de miséricorde de notre époque s’ajoute à l’innombrable foule des hommes et des femmes qui, par leur sainteté, ont rendu visible l’amour du Christ. Imitons, nous aussi, leur exemple, et demandons d’être d’humbles instruments dans les mains de Dieu, pour soulager la souffrance du monde et donner la joie et l’espérance de la résurrection. Merci.
Et avant de vous donner la bénédiction, je vous invite à prier en silence pour tant de personnes, tant de personnes qui souffrent ; pour tant de souffrance, pour ceux qui vivent mis de côté par la société. Prier aussi pour tant de volontaires, comme vous, qui vont à la rencontre de la chair du Christ pour la toucher, la soigner, la sentir proche. Et prier également pour tant, tant de personnes qui, devant cette misère, regardent d’un autre côté et entendent dans leur cœur une voix qui leur dit : « Cela ne me regarde pas, cela ne m’importe pas ». Prions en silence. (Un moment de silence)
Et nous le faisons aussi avec la Vierge Marie: Je vous salue Marie… (Bénédiction)
Traduction officielle © Librairie éditrice vaticane
Les passages improvisés sont traduits par © Zenit

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Quelles sont les œuvres de miséricorde ?
Il y a quatorze œuvres de miséricorde :                           sept corporelles et sept spirituelles.
Corporelles
1 – donner à manger à ceux qui ont faim,
2 – donner à boire à ceux qui ont soif,
3 – vêtir ceux qui sont nus.
4 – accueillir les étrangers,
5 – visiter les malades,
6 – visiter les prisonniers,
7 -ensevelir les morts.
Spirituelles
1 – conseiller ceux qui sont dans le doute,
2 – instruire les ignorants,
3 – exhorter les pécheurs,
4 – consoler les affligés,
5 – pardonner les offenses,
6 – supporter patiemment les défauts des autres,
7 – prier Dieu pour les vivants et pour les morts.
Les œuvres de miséricorde corporelles
1 – Donner à manger à ceux qui ont faim
2 – Donner à boire à ceux qui ont soif.
Elles sont complémentaires et concernent l’aide alimentaire et tous les secours matériels à apporter aux nécessiteux, à ceux qui manquent de l’indispensable dans leur quotidien. Saint Luc rappelle le conseil de Jésus dans ce sens : « Que celui qui a deux manteaux les partage avec celui qui n’en a pas ; que celui qui a de quoi manger, fasse de même » (Lc 3, 11).
3 – Accueillir l’étranger
Cet accueil était vital dans l’antiquité puisque les voyageurs risquaient leur vie dans leurs déplacements. Ce n’est pas tout à fait le cas de nos jours. Ceci dit, nous devons être prêts à ouvrir nos portes à celui qui est dans la difficulté extrême et non pas seulement par hospitalité ou par amitié.
4 – Vêtir ceux qui sont nus.
Cette œuvre de miséricorde vise à couvrir une autre nécessité de base : le vêtement. Souvent la paroisse, une organisation humanitaire, nous en facilite la tâche en collectant des habits. Pensons alors à ne pas leur donner seulement ce que nous avons rejeté, ce que nous ne mettons plus, mais offrons leur aussi ce qui nous serait encore utile. C’est saint Jacques dans sa lettre qui nous encourage à être généreux : « Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l’un de vous leur dit : « Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? (Jc 2, 15-16).
5 – Visiter les malades
Il s’agit de prendre soin, matériellement et en leur tenant compagnie, des malades et des personnes âgées. Le Bon Samaritain est le meilleur exemple. Il soigna le blessé et ne pouvant pas s’en occuper directement, il confia ses soins à quelqu’un d’autre qu’il rémunéra. (Cf. Lc. 10, 30-37).
6 – Visiter les prisonniers
Aller auprès de ceux qui sont en prison pour leur apporter un secours matériel et spirituel qui les aide à devenir meilleurs, à s’amender, à préparer leur réinsertion par le travail, etc. C’est aussi collaborer à la libération des innocents, des séquestrés. Dans l’antiquité, les chrétiens versaient des rançons pour les esclaves ou se livraient eux-mêmes à la place de prisonniers innocents.
7 – Enterrer les morts
Le Christ n’avait pas ou poser sa tête. Joseph d’Arimathie lui céda son tombeau et, qui plus est, eut le courage d’aller trouver Pilate pour lui en demander le corps. Nicodème l’aida aussi à l’ensevelir. (Jn. 19, 38-42). Enterrer les morts peut sembler une injonction superflue puisque tout le monde est en fait enterré. Cette injonction est pressante en temps de guerre. Pourquoi est-il donc important d’enterrer dignement le corps humain ? Parce que le corps humain a été la demeure du Saint-Esprit. Nous sommes « des temples du Saint-Esprit » (1 Cor 6, 19).
Les œuvres de miséricorde spirituelles
1 – Instruire l’ignorant
Il y a beaucoup de choses que l’on ignore, y compris dans le domaine religieux. Notre enseignement qui peut être oral, écrit, direct ou à travers les moyens de communication, mérite la récompense dont parle la Bible : « Ceux qui sont des maîtres de justice pour la multitude resplendiront comme les étoiles dans les siècles des siècles » (Dan. 12, 3b).
2 – Conseiller ceux qui en ont besoin
Le don de conseil fait partie des dons de l’Esprit Saint. Pour donner un bon conseil, il faut donc être en harmonie avec Dieu. En effet, il ne s’agit pas ici de donner tel ou tel avis personnel, mais d’orienter celui qui a besoin d’un guide.
3 – Exhorter les pécheurs
Cette œuvre de miséricorde concerne surtout le péché. Autrement dit, il faut corriger le pécheur. C’est Jésus lui-même qui parle de la correction fraternelle dans l’évangile de Mathieu : « Si ton frère a péché, va le trouver Jésus dit : Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère » (Mt. 18, 15-17). Nous sommes tenus de corriger notre prochain avec douceur et humilité. Cela peut être difficile, mais il faut alors penser à la fin de la lettre de saint Jacques : « sachez que celui qui ramène un pécheur de la voie où il s’égare, sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés » (Jc. 5, 20).
4 – Pardonner les offenses
« Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé », demandons-nous dans le Notre Père. Et le Seigneur nous éclaire ainsi : « Si vous pardonnez leurs offenses aux hommes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas les offenses des hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus » (Mt. 6, 14-15). Pour ce faire, il faut surmonter la vengeance, le ressentiment, traiter aimablement celui qui nous a offensé. L’Ancien Testament nous propose le bel exemple de Joseph qui pardonna à ses frères d’avoir essayé de le tuer puis de l’avoir vendu. « Maintenant ne vous affligez pas et ne soyez pas fâchés contre vous-mêmes de ce que vous m’avez vendu pour être conduit ici; c’est pour vous sauver la vie que Dieu m’a envoyé devant vous (Gn. 45, 5). Le Christ sur la Croix est le plus grand pardon du Nouveau Testament. Il nous apprend à tout pardonner et toujours : « Père, pardonne-leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc. 23, 34).
5 – Consoler celui qui est triste
Consoler celui qui peine, qui est dans la difficulté, est aussi une œuvre de miséricorde spirituelle. Cette consolation est souvent suivie d’un bon conseil qui aide à supporter la souffrance ou la tristesse. Entourer nos frères à tout instant, mais surtout à l’instant pénible, c’est imiter Jésus qui avait compassion des souffrances des autres. C’est manifeste le jour où il ressuscite le fils de la veuve de Naïm : « Lorsqu’il fut près de la porte de la ville, voici, on portait en terre un mort, fils unique de sa mère, qui était veuve; et il y avait avec elle beaucoup de gens de la ville. Le Seigneur, l’ayant vue, fut ému de compassion pour elle, et lui dit: Ne pleure pas ! Il s’approcha, et toucha le cercueil. Ceux qui le portaient s’arrêtèrent. Il dit: Jeune homme, je te le dis, lève-toi ! Et le mort s’assit, et se mit à parler. Jésus le rendit à sa mère » (Lc 7, 11-17).
6 – Supporter patiemment les défauts des autres
La patience face aux défauts des autres est une vertu tout comme une œuvre de miséricorde. On se pliera en la matière à ce conseil utile : si jamais supporter ces défauts entraînait un dommage plutôt qu’un bien, on serait alors tenu de corriger autrui avec beaucoup de douceur et de charité.
7 – Prier pour les vivants et les morts
Saint Paul demande de prier pour tout le monde, sans discrimination, y compris pour nos gouvernants et les autorités, pour tous ceux qui ont des responsabilités, puisque Dieu « veut que tous soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (Cf. Tm 2, 2-3). Les défunts au Purgatoire dépendent de notre prière. C’est une bonne œuvre de prier pour eux afin qu’ils soient libérés de leurs péchés. (Cf. Mac. 12, 46).
Le pape François demande à tous les chrétiens et aux personnes de bonne volonté de prier spécialement pour les chrétiens persécutés. Secondons-nous ce désir du Saint-Père afin que nos frères dans la foi soient réconfortés par notre prière ?                                        Source : https://www.gloria.tv/media/hykZStxBgiu
Prière de sainte sœur Faustine
« Ô Seigneur, je désire me transformer tout entière en Ta miséricorde et être ainsi un vivant reflet de Toi, que le plus grand des attributs divins, Ton insondable miséricorde, passe par mon âme et mon cœur sur le prochain. 
Aide-moi, Seigneur, pour que mes yeux soient miséricordieux, pour que je ne soupçonne jamais ni ne juge d’après les apparences extérieures, mais que discerne la beauté dans l’âme de mon prochain et que je lui vienne en aide.
Aide-moi, Seigneur, pour que mon oreille soit miséricordieuse, afin que je me penche sur les besoins de mon prochain et ne reste pas indifférente à ses douleurs ni à ses plaintes. 
Aide-moi, Seigneur, pour que ma langue soit miséricordieuse, afin que je ne dise jamais de mal de mon prochain, mais que j’aie pour chacun un mot de consolation et de pardon.
Aide-moi, Seigneur, pour que mes mains soient miséricordieuses et, remplies de bonnes actions, afin que je sache faire du bien à mon prochain et prendre sur moi les tâches les plus lourdes et les plus déplaisantes.
Aide-moi, Seigneur, pour que mes pieds soient miséricordieux, pour me hâter au secours de mon prochain, en dominant ma propre fatigue et ma lassitude. (…)
Aide-moi, Seigneur, pour que mon cœur soit miséricordieux, afin que je ressente toutes les souffrances de mon prochain. (…) Que Ta miséricorde repose en moi, ô mon Seigneur » (PJ 163).                           http://www.faustine-message.com/prieres-sainte-faustine.htm
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Homélie du pape François 14 Février 2016 Ecatepec (Mexique) : le carême, pour ouvrir les yeux sur tant d’injustices….
« Le Carême est un temps pour ajuster les sens, ouvrir les yeux devant tant d’injustices qui portent atteinte directement au rêve et au projet de Dieu. C’est un temps pour démasquer ces trois grandes formes de tentations qui brisent, divisent l’image que Dieu a voulu former », explique le pape : la richesse, la vanité, l’orgueil.
Le pape a centré son homélie sur le carême, ce 14 février, premier dimanche de carême, à Ecatepec, dans l’Etat de Mexico (Mexique), une ville considérée comme la plus violente du pays.
Évoquant le baptême et le combat spirituel du chrétien contre les tentations, le pape a proposé un examen de conscience. Puis il a ajouté : « Nous avons choisi Jésus et non le démon, nous voulons suivre ses traces, mais nous savons que ce n’est pas facile. Nous savons ce que signifie être séduit par l’argent, la gloire et le pouvoir. C’est pourquoi l’Église nous offre ce temps, elle nous invite à la conversion avec une seule certitude: Lui nous attend et il veut guérir nos cœurs de tout ce qui le dégrade, en étant dégradé ou en dégradant. Il est le Dieu qui porte un nom: miséricorde. » Dans un passage improvisé, le pape a demandé de « ne pas dialoguer avec le démon », à ne répondre que « par la Parole de Dieu ».Le pape a invité aussi invité la foule à dire trois fois avec lui: « Tu es mon Dieu, j’ai confiance en toi ».Dans trois tweets le pape François commente en quelque sorte son homélie, tout d’abord à propos du carême :  « Le Carême est un temps pour ajuster les sens, ouvrir les yeux devant tant d’injustices, ouvrir le cœur au frère qui souffre. » Il ajoute, à propos des tentations : « Jésus nous aide toujours à dépasser les tentations de la richesse, de la vanité et de l’orgueil qui essaient de détruire la vérité. » Il insiste sur la miséricorde : « Jésus nous attend et veut guérir notre cœur de tout ce qui le dégrade. Il est le Dieu qui porte un nom : miséricorde. »
Homélie du pape François
Mercredi dernier nous avons commencé le temps liturgique du Carême où l’Église nous invite à nous préparer à célébrer la grande fête de Pâques. C’est un temps spécial pour rappeler le don de notre baptême, lorsque nous avons été faits enfants de Dieu. L’Église nous invite à raviver le don qui nous a été fait, pour ne pas le laisser endormi comme une chose du passé, ou dans quelque «tiroir aux souvenirs». Ce temps du Carême est un moment favorable pour retrouver la joie et l’espérance que nous ressentons du fait d’être enfants aimés du Père. Ce Père qui nous attend pour nous enlever les vêtements de la fatigue, de l’apathie, de la méfiance, et nous revêtir de la dignité que seuls un vrai père ou une vraie mère savent donner à leurs enfants, les vêtements qui naissent de la tendresse et de l’amour.
Notre Père est le Père d’une grande famille, il est notre Père. Il sait nourrir un amour unique mais ne sait engendrer ni éduquer des «fils uniques». C’est un Dieu qui sait ce qu’est le foyer, la fraternité, le pain rompu et partagé. Il est le Dieu du «Notre Père», non pas du «Mon Père», ni du «Votre Père».
En chacun de nous se trouve, vit ce rêve de Dieu qu’à chaque Pâques, dans chaque Eucharistie nous célébrons de nouveau: nous sommes enfants de Dieu. Rêve que beaucoup de nos frères ont vécu tout au long de l’histoire. Rêve dont ont témoigné beaucoup de martyrs d’hier et d’aujourd’hui, en versant leur sang.
Le Carême est un temps de conversion parce que nous faisons quotidiennement l’expérience dans notre vie de la façon dont ce rêve est sans cesse menacé par le père du mensonge, par celui qui cherche à nous séparer, en créant une société divisée et qui s’affronte. Une société d’un petit nombre et pour un petit nombre. Que de fois ne faisons-nous l’expérience dans notre chair, ou dans notre famille, à travers nos amis ou nos voisins, de la douleur qui naît de ne pas voir reconnue cette dignité que nous portons tous en nous! Que de fois n’avons-nous pas dû pleurer et regretter de ne nous être pas rendu compte que nous n’avons pas reconnu cette dignité dans les autres! Que de fois – et je le dis avec douleur – ne sommes-nous pas aveugles et insensibles devant le manque de reconnaissance de notre propre dignité et de celle d’autrui!
Le Carême est un temps pour ajuster les sens, ouvrir les yeux devant tant d’injustices qui portent atteinte directement au rêve et au projet de Dieu. C’est un temps pour démasquer ces trois grandes formes de tentations qui brisent, divisent l’image que Dieu a voulu former.
Trois tentations du Christ…
Trois tentations du chrétien qui essayent de détruire la vérité à laquelle nous avons été appelés.
Trois tentations qui cherchent à dégrader et à nous dégrader.
1 – La richesse, en nous appropriant de biens qui ont été donnés à tous, les utilisant seulement pour moi ou ‘‘pour les miens’’. C’est avoir le «pain» à la sueur du front de l’autre, voire au prix de sa vie. Cette richesse, qui est un pain au goût de douleur, d’amertume, de souffrance. Dans une famille ou une société corrompue, c’est le pain que l’on donne à manger à ses propres enfants.
2 – La vanité; elle est la recherche de prestige sur la base de la disqualification continuelle et constante de ceux qui «ne sont pas comme nous». La recherche exacerbée de ces cinq minutes de gloire, qui ne supporte pas la «gloire» des autres. «Transformant l’arbre tombé en bois de chauffage», elle conduit à la troisième tentation :
3 – L’orgueil ; c’est-à-dire se mettre sur un plan de supériorité en tout genre, sentant qu’on ne partage pas ‘‘la vie du commun des mortels’’, et prier tous les jours: «Merci Seigneur parce que tu ne m’as pas fait comme eux».
Trois tentations du Christ…
Trois tentations que le chrétien affronte tous les jours.
Trois tentations qui cherchent à dégrader, détruire et ôter la joie ainsi que la fraîcheur de l’Évangile; qui nous enferment dans un cercle de destruction et de péché.
Il vaut donc la peine de nous demander :
  • Jusqu’à quel point sommes-nous conscients de ces tentations dans notre personne, en nous-mêmes ?
  • Jusqu’à quel point sommes-nous habitués à un style de vie qui pense que dans la richesse, dans la vanité et dans l’orgueil se trouvent la source et la force de la vie ?
  • Jusqu’à quel point croyons-nous que l’attention à l’autre, notre souci et occupation pour le pain, pour le nom et pour la dignité des autres sont source de joie et d’espérance ?
Nous avons choisi Jésus et non le démon. Si nous nous rappelons de ce que nous avons entendu dans l’évangile,  Jésus ne répond pas au démon avec ses propres paroles, mais il répond par la Parole de Dieu, par la Parole des Écritures. Parce que, frères et sœurs, mettons-le nous bien dans la tête: on ne dialogue pas avec le démon ! On ne peut pas dialoguer ! Parce qu’il nous vaincra toujours. Seule la force de la Parole de Dieu peut le vaincre !
Nous avons choisi Jésus et non le démon, nous voulons suivre ses traces, mais nous savons que ce n’est pas facile. Nous savons ce que signifie être séduit par l’argent, la gloire et le pouvoir. C’est pourquoi l’Église nous offre ce temps, elle nous invite à la conversion avec une seule certitude: Lui nous attend et il veut guérir nos cœurs de tout ce qui le dégrade, en étant dégradé ou en dégradant. Il est le Dieu qui porte un nom: miséricorde. Son nom est notre richesse, son nom est notre gloire, son nom est notre pouvoir et en son nom, une fois de plus, nous redisons avec le Psaume : «Tu es mon Dieu, en toi j’ai mis ma confiance».
Nous voulons le répéter ensemble ?
Trois fois: «Tu es mon Dieu, en toi j’ai mis ma confiance»; «Tu es mon Dieu, en toi j’ai mis ma confiance» ; «Tu es mon Dieu, en toi j’ai mis ma confiance».
Qu’en cette Eucharistie le Saint Esprit renouvelle en nous la certitude que son Nom est miséricorde et qu’il nous fasse expérimenter chaque jour que «la joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus… Avec Jésus-Christ la joie naît et renaît toujours» (Evangelii gaudium, n. 1).traduction : Anita Bourdin] © Librairie éditrice du Vatican
Réflexion du cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, à l’occasion de l’ouverture en Gironde du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, le 13 décembre 2015, à 16 h, en la cathédrale Saint-André.
Après le synode romain sur la famille, le pape François a proposé à l’Eglise une année jubilaire tout entière consacrée à la miséricorde. Une parole de Jésus peut nous servir de porte d’entrée dans cette année : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6, 36).
La première chose qui nous est demandée est d’accueillir et de découvrir cette miséricorde du Père. « Notre Dieu est patient et miséricordieux », voilà la conviction qui court à travers toute la Bible. Le Dieu qui se révèle à Israël n’est pas un Dieu lointain, une force impersonnelle, une divinité impassible et indifférente. Il est un Dieu qui se laisse toucher par ces hommes qu’il a créés. Il voit leurs souffrances. Il entend leurs cris. Comme il le dit à Moïse, il vient sauver son peuple. Il révèle sa miséricorde. Le mot de « miséricorde », en français, est un peu dévalué. Comme le mot de « pitié », il paraît sentimental et condescendant. Or, dans la Bible, la miséricorde est très concrète. Elle est charnelle. Le terme qui la désigne fait référence aux entrailles, au sein maternel. Dieu est un Père qui a des entrailles de mère. Le prophète Isaïe l’exprime bien par ces mots : « Une femme oublie-t-elle son petit enfant, est-elle sans pitié pour le fils de ses entrailles ? Même si les femmes oubliaient, moi, je ne t’oublierai pas » (Is 49, 15). On comprend que le pape François ait pu parler « d’amour viscéral » de Dieu.
“C’est en vivant la miséricorde que nous ressemblons vraiment à notre Père du ciel”
Jésus vient révéler et mettre en pleine lumière cette miséricorde du Père. Dans les paraboles de la miséricorde (cf. saint Luc, chap. 15), il évoque le visage de ce Père qui est touché au plus profond de lui-même à la vue de son fils qui revient à lui. Il le guette, il l’aperçoit, il court vers lui, le prend dans ses bras et le couvre de baisers. Dieu est ce bon pasteur qui va à la recherche de la brebis qui s’est égarée et qui, l’ayant trouvée, la charge tout joyeux sur ses épaules. Mais Jésus ne fait pas qu’évoquer dans sa prédication ce visage du Père. Il vit lui-même cette miséricorde. Il lui donne visage. Il est bouleversé au plus profond de son être à la vue de ces foules qui étaient harassées et prostrées comme des brebis qui n’ont pas de berger (cf. Mt 9, 36-38). Il va les enseigner, les nourrir et guérir leurs malades. Mais c’est sur la croix, dans le don total de sa vie, que Jésus nous fait pressentir les profondeurs de la miséricorde de Dieu. Dieu se laisse toucher au cœur, voilà ce que va révéler la scène évangélique du flanc transpercé du Seigneur (Jn 19, 34) !
En contemplant dans le visage de Jésus la miséricorde du Père, nous sommes invités à découvrir combien nous sommes aimés et aimés gratuitement. Accueillir cette miséricorde est une puissante force de transformation personnelle. Elle apporte lumière, paix, joie et confiance renouvelée. Dans le sacrement de pénitence et de réconciliation, elle se communique à nous également comme pardon. Dieu nous pardonne. Il ne nous enferme pas dans notre passé, dans notre péché. Il nous redit son amour et nous ouvre à nouveau un avenir. Le pape François nous raconte comment, quand il avait dix-sept ans, une confession a changé sa vie. Et il ajoute : « Comme c’est beau de trouver l’étreinte miséricordieuse du Père dans le sacrement de Réconciliation, de découvrir le confessionnal comme le lieu de la miséricorde, de se laisser toucher par cet amour miséricordieux du Seigneur qui nous pardonne toujours !»
Quand le cœur est touché par la miséricorde, il devient miséricordieux. C’est en vivant la miséricorde que nous ressemblons vraiment à notre Père du ciel. On ne peut recevoir le pardon de Dieu sans entrer dans cette dynamique du pardon. Dans l’Évangile, Jésus nous donne un exemple d’une miséricorde en acte, celle du bon samaritain. Celui-ci est bouleversé au plus profond de lui-même à la vue de l’homme laissé pour mort au milieu du chemin. Il s’approche, il lui donne les premiers soins, le met sur sa monture, le confie à l’hôtellerie la plus proche et le prend en charge dans la durée. Pour devenir le prochain de cet homme, il a dû franchir bien des barrières géographiques, culturelles, sociales et religieuses. Il a surmonté ces contentieux historiques, ces murs de haine et d’incompréhension qui s’étaient élevés entre juifs et samaritains. Nous sommes invités, nous aussi, à faire de même et à ouvrir dans nos vies ces grands chantiers de la miséricorde !
+ Jean-Pierre cardinal Ricard
Archevêque de Bordeaux
Évêque de Bazas
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PORTES SAINTES DANS NOTRE DIOCESE
Le Portail royal de la Cathédrale Saint-André
Le sanctuaire Notre-Dame de Verdelais
Le sanctuaire Notre-Dame de Talence
La chapelle des sœurs de Marie Joseph et de la Miséricorde au Pian-Médoc
L’église Saint-Jean de Libourne 
L’église de Notre-Dame de la fin des terres à Soulac 
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Message du pape François pour le Carême en 2016
« C’est la miséricorde que je veux, et non les sacrifices »
 Mt 9,13
Les œuvres de miséricorde dans le parcours jubilaire
  1. Marie, icône d’une Église qui évangélise parce qu’elle a été évangélisée  Dans la Bulle d’indiction du Jubilé, j’ai invité à faire en sorte que  le Carême de cette Année Jubilaire [soit] vécu plus intensément comme un temps fort pour célébrer et expérimenter la miséricorde de Dieu » (Misericordiae vultus, n. 17). Par le rappel de l’écoute de la Parole de Dieu et l’initiative « 24 heures pour le Seigneur », j’ai voulu souligner la primauté de l’écoute priante de la Parole, plus particulièrement de la Parole prophétique. La miséricorde de Dieu est certes une annonce faite au monde : cependant chaque chrétien est appelé à en faire l’expérience personnellement. C’est pourquoi, en ce temps de Carême, j’enverrai les Missionnaires de la Miséricorde afin qu’ils soient pour tous un signe concret de la proximité et du pardon de Dieu. Parce qu’elle a accueilli la Bonne Nouvelle annoncée par l’archange Gabriel, Marie chante prophétiquement dans son Magnificat la miséricorde par laquelle Dieu l’a choisie. La Vierge de Nazareth, promise comme épouse à Joseph, devient ainsi l’icône parfaite de l’Église qui évangélise car elle a été et demeure constamment évangélisée par l’œuvre de l’Esprit Saint qui a fécondé son sein virginal. Dans la tradition prophétique – et déjà au niveau étymologique – la miséricorde est étroitement liée aux entrailles maternelles (rahamim) et à une bonté généreuse, fidèle et compatissante (hesed) qui s’exerce dans les relations conjugales et parentales.
  1. L’alliance de Dieu avec les hommes : une histoire de miséricorde Le mystère de la miséricorde divine se dévoile au cours de l’histoire de l’alliance entre Dieu et son peuple Israël. Dieu, en effet, se montre toujours riche en miséricorde, prêt à reverser sur lui en toutes circonstances une tendresse et une compassion viscérales, particulièrement dans les moments les plus dramatiques, lorsque l’infidélité brise le lien du pacte et que l’alliance requiert d’être ratifiée de façon plus stable dans la justice et dans la vérité. Nous nous trouvons ici face à un véritable drame d’amour où Dieu joue le rôle du père et du mari trompé, et Israël celui du fils ou de la fille, et de l’épouse infidèles. Ce sont les images familières, comme nous le voyons avec Osée (cf. Os 1-2), qui expriment jusqu’à quel point Dieu veut se lier à son peuple.Ce drame d’amour atteint son point culminant dans le Fils qui s’est fait homme. Dieu répand en lui sa miséricorde sans limites, au point d’en faire la « Miséricorde incarnée » (Misericordiae Vultus, n. 8). En tant qu’homme, Jésus de Nazareth est fils d’Israël dans le plein sens du terme. Il l’est au point d’incarner cette écoute parfaite de Dieu demandée à tout Juif par le Shemà qui constitue, aujourd’hui encore, le cœur de l’alliance de Dieu avec Israël : « Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces » (Dt 6, 4-5). Le Fils de Dieu est l’Époux qui met tout en œuvre pour conquérir l’amour de son Épouse. Il lui est lié par son amour inconditionnel qui se manifeste dans les noces éternelles avec elle.Ceci constitue le cœur vibrant du kérygme apostolique où la miséricorde divine tient une place centrale et fondamentale. Il est « la beauté de l’amour salvifique de Dieu manifesté en Jésus-Christ, mort et ressuscité » (Exhort. apost. Evangelii gaudium, n. 36), cette première annonce « que l’on doit toujours écouter de nouveau de différentes façons, et que l’on doit toujours annoncer de nouveau durant la catéchèse » (Ibid., n. 164).La miséricorde alors « illustre le comportement de Dieu envers le pécheur, lui offrant une nouvelle possibilité de se repentir, de se convertir et de croire » (Misericordiae Vultus, n. 21), restaurant vraiment ainsi la relation avec Lui. En Jésus Crucifié, Dieu veut rejoindre l’homme pécheur jusque dans son éloignement le plus extrême, précisément là où il s’est égaré et éloigné de Lui. Et ceci, il le fait dans l’espoir de réussir finalement à toucher le cœur endurci de son Épouse.
  1. Les œuvres de miséricorde La miséricorde de Dieu transforme le cœur de l’homme et lui fait expérimenter un amour fidèle qui le rend capable d’être, à son tour, miséricordieux. C’est à chaque fois un miracle que la miséricorde divine puisse se répandre dans la vie de chacun de nous, en nous incitant à l’amour du prochain et en suscitant ce que la tradition de l’Église nomme les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles. Elles nous rappellent que notre foi se traduit par des actes concrets et quotidiens, destinés à aider notre prochain corporellement et spirituellement, et sur lesquels nous serons jugés : le nourrir, le visiter, le réconforter, l’éduquer. C’est pourquoi j’ai souhaité que « le peuple chrétien réfléchisse durant le Jubilé sur les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles. Ce sera une façon de réveiller notre conscience souvent endormie face au drame de la pauvreté, et de pénétrer toujours davantage le cœur de l’Évangile, où les pauvres sont les destinataires privilégiés de la miséricorde divine » (Ibid., n. 15). Dans la personne du pauvre, en effet, la chair du Christ « devient de nouveau visible en tant que corps torturé, blessé, flagellé, affamé, égaré… pour être reconnu par nous, touché et assisté avec soin » (Ibid.). Inouï et scandaleux mystère qui prolonge dans l’Histoire la souffrance de l’Agneau innocent, buisson ardent brûlant d’un amour gratuit, et devant lequel nous ne pouvons, à la suite de Moïse, qu’ôter nos sandales (cf. Ex 3,5) ; et ceci plus encore quand ce pauvre est notre frère ou notre sœur en Christ qui souffre à cause de sa foi.Face à cet amour, fort comme la mort (cf. Ct 8,6), le pauvre le plus misérable est celui qui n’accepte pas de se reconnaître comme tel. Il croit être riche mais, en réalité, il est le plus pauvre des pauvres. Et s’il est tel, c’est parce qu’il est esclave du péché qui le pousse à user de la richesse et du pouvoir non pas pour servir Dieu et les autres, mais pour étouffer en lui l’intime conviction de n’être, lui aussi, rien d’autre qu’un pauvre mendiant. D’autant plus grands sont le pouvoir et les richesses dont il dispose, d’autant plus grand est le risque que cet aveuglement devienne mensonger. Il en vient à ne même plus vouloir voir le pauvre Lazare qui mendie à la porte de sa maison (cf. Lc 16, 20-21), figure du Christ qui, dans les pauvres, mendie notre conversion. Lazare est cette opportunité de nous convertir que Dieu nous offre et que peut-être nous ne voyons pas. Cet aveuglement est accompagné d’un délire orgueilleux de toute-puissance, dans lequel résonne, de manière sinistre, ce démoniaque « vous serez comme des dieux » (Gn 3,5), qui est à la racine de tout péché . Un tel délire peut également devenir un phénomène social et politique, comme l’ont montré les totalitarismes du XXe siècle, et comme le montrent actuellement les idéologies de la pensée unique et celles de la techno science qui prétendent réduire Dieu à l’insignifiance et les hommes à des masses qu’on peut manipuler. Ceci, de nos jours, peut être également illustré par les structures de péché  liées à un modèle erroné de développement fondé sur l’idolâtrie de l’argent qui rend indifférentes au destin des pauvres les personnes et les sociétés les plus riches, qui leur ferment les portes, refusant même de les voir.Pour tous, le Carême de cette Année jubilaire est donc un temps favorable qui permet finalement de sortir de notre aliénation existentielle grâce à l’écoute de la Parole et aux œuvres de miséricorde. Si à travers les œuvres corporelles nous touchons la chair du Christ dans nos frères et nos sœurs qui ont besoin d’être nourris, vêtus, hébergés, visités, les œuvres spirituelles, quant à elles, – conseiller, enseigner, pardonner, avertir, prier – touchent plus directement notre condition de pécheurs. C’est pourquoi les œuvres corporelles et les œuvres spirituelles ne doivent jamais être séparées. En effet, c’est justement en touchant la chair de Jésus Crucifié dans le plus nécessiteux que le pécheur peut recevoir en don la conscience de ne se savoir lui-même rien d’autre qu’un pauvre mendiant. Grâce à cette voie, « les hommes au cœur superbe », « les puissants » et « les riches », dont parle le Magnificat ont la possibilité de reconnaître qu’ils sont, eux aussi, aimés de façon imméritée par le Christ Crucifié, mort et ressuscité également pour eux. Cet amour constitue la seule réponse à cette soif de bonheur et d’amour infinis que l’homme croit à tort pouvoir combler au moyen des idoles du savoir, du pouvoir et de l’avoir. Mais il existe toujours le danger qu’à cause d’une fermeture toujours plus hermétique à l’égard du Christ, qui dans la personne du pauvre continue à frapper à la porte de leur cœur, les hommes au cœur superbe, les riches et les puissants finissent par se condamner eux-mêmes à sombrer dans cet abîme éternel de solitude qu’est l’enfer. C’est alors que résonnent à nouveau, pour eux comme pour nous tous, les paroles ardentes d’Abraham : « Ils ont Moïse et les Prophètes, qu’ils les écoutent ! » (Lc 16,29). Cette écoute agissante nous préparera le mieux à fêter la victoire définitive sur le péché et sur la mort de l’Epoux qui est désormais ressuscité, et qui désire purifier sa future Épouse dans l’attente de son retour.
Ne laissons pas passer en vain ce temps de Carême favorable à la conversion ! Nous le demandons par l’intercession maternelle de la Vierge Marie, qui, la première, face à la grandeur de la miséricorde divine dont elle a bénéficié gratuitement, a reconnu sa propre petitesse (cf. Lc 1,48) en se reconnaissant comme l’humble Servante du Seigneur (cf. Lc 1,38).
Du Vatican, 4 octobre 2015 Fête de Saint-François d’Assise
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« Voici le temps de la miséricorde ! »      
Rencontre avec le clergé de Rome
6 Mars 2014 – Pape François
« En tant que pasteurs, nous devons donner beaucoup de miséricorde, beaucoup !», dit le pape François aux prêtres de son diocèse.                                            
Aux confesseurs, il recommande : ni rigorisme ni laxisme, car le rigorisme et le laxisme ne « font pas grandir la sainteté » ni des prêtres ni des fidèles.                               Le pape François a en effet rencontré le clergé du diocèse de Rome pour le rendez-vous traditionnel du début de carême, ce jeudi matin, à 10 h 30, dans la Salle Paul VI du Vatican. Vois ici notre traduction intégrale des paroles du pape.
La miséricorde selon le pape François
Lorsque, avec le cardinal vicaire, nous avons pensé à cette rencontre, je lui ai dit que je pouvais faire pour vous une méditation sur le thème de la miséricorde. Au début du carême, réfléchir ensemble à la miséricorde, en tant que prêtres, nous fera du bien. Nous en avons tous besoin. Et les fidèles aussi, parce que, comme pasteurs, nous devons donner beaucoup de miséricorde, beaucoup !
Le passage de l’Évangile de Matthieu que nous avons écouté nous fait tourner notre regard vers Jésus qui traverse les villes et les villages. Et c’est curieux. Quel est le lieu où Jésus était le plus souvent, où l’on pouvait le trouver le plus facilement ? Sur les routes. Il aurait pu passer pour un sans-abri, parce qu’il était toujours sur la route. La vie de Jésus était sur la route. Il nous invite surtout à saisir la profondeur de son cœur, ce qu’il ressent pour les foules, pour les gens qu’il rencontre : cette attitude intérieure de « compassion », en voyant les foules il en eut compassion. Parce qu’il voit les personnes « fatiguées et épuisées, comme des brebis sans berger ». Nous avons entendu si souvent ces paroles que peut-être n’entrent-elles pas avec force. Mais elles sont fortes ! Un peu comme ces nombreuses personnes que vous rencontrez aujourd’hui dans les rues de vos quartiers… Et puis l’horizon s’élargit et nous voyons que ces villes et ces villages ce sont non seulement Rome et l’Italie, mais le monde… et ces foules épuisées sont les populations de tant de pays qui souffrent des situations encore plus difficiles…
Alors nous comprenons que nous ne sommes pas là pour faire une belle retraite spirituelle au début du carême, mais pour écouter la voix de l’Esprit qui parle à toute l’Église en ce temps qui est précisément le temps de la miséricorde. Cela, j’en suis sûr. Ce n’est pas seulement le carême ; nous vivons au temps de la miséricorde, depuis au moins trente années, jusqu’à maintenant.
 
  1. Dans toute l’Église, c’est le temps de la miséricorde
C’était l’intuition du bienheureux Jean-Paul II. Il a eu du « flair » : nous sommes dans le temps de la miséricorde. Pensons à la béatification et à la canonisation de sœur Faustine Kowalska ; ensuite il a introduit la fête de la Divine miséricorde. Il a avancé peu à peu, et il a continué d’avancer dans ce sens.
Dans son homélie pour la canonisation, en l’An 2000, Jean-Paul II a souligné que le message de Jésus-Christ à sœur Faustine se situe dans le temps, entre les deux guerres mondiales, et qu’il est très lié à l’histoire du vingtième siècle. Et en regardant l’avenir, il disait : « Que nous apporteront les années qui s’ouvrent à nous? Quel sera l’avenir de l’homme sur la terre? Nous ne pouvons pas le savoir. Il est toutefois certain qu’à côté de nouveaux progrès ne manqueront pas, malheureusement, les expériences douloureuses. Mais la lumière de la miséricorde divine, que le Seigneur a presque voulu remettre au monde à travers le charisme de Sœur Faustine, éclairera le chemin des hommes du troisième millénaire ». C’est clair. C’est explicite, en 2000, mais c’est quelque chose qui mûrissait dans son cœur depuis longtemps. Dans sa prière, il a eu cette intuition.
Aujourd’hui, nous oublions tout trop vite, même le magistère de l’Église ! C’est en partie inévitable, mais les grands contenus, les grandes intuitions et les consignes laissées au peuple de Dieu, nous ne pouvons pas les oublier. Et celle de la miséricorde divine en fait partie. C’est une consigne qu’il nous a laissée, mais qui vient d’en-haut. C’est à nous, ministres de l’Église, de garder ce message vivant, surtout dans nos prédications et dans nos gestes, dans les signes, les choix pastoraux, par exemple, le choix de redonner la priorité au sacrement de la réconciliation, et en même temps aux œuvres de miséricorde. Réconcilier, faire la paix à travers le sacrement et aussi par les paroles et par les œuvres de miséricorde. 
  1. Que signifie la miséricorde pour les prêtres ?
Il me revient à l’esprit que certains d’entre vous m’ont téléphoné, m’ont écrit une lettre, et ensuite j’ai parlé au téléphone… « Mais, Père, pourquoi en voulez-vous aux prêtres ? » Parce qu’ils disaient que je donne la bastonnade aux prêtres. Je ne veux pas bastonner ici…
Demandons-nous ce que signifie la miséricorde pour un prêtre, permettez-moi de dire pour « nous », prêtres. Pour nous, pour nous tous ! Les prêtres s’émeuvent devant les brebis, comme Jésus lorsqu’il voyait les gens fatigués et épuisés comme des brebis sans berger. Jésus a les « entrailles » de Dieu, Isaïe en parle beaucoup : il est plein de tendresse pour les personnes, surtout pour celles qui sont exclues, c’est-à-dire pour les pécheurs, pour les malades dont personne ne s’occupe… Et ainsi, à l’image du Bon Berger, le prêtre est un homme de miséricorde et de compassion, proche de son peuple et serviteur de tous. C’est un critère pastoral que je voudrais vraiment souligner : la proximité. La proximité et le service, mais la proximité, être proche !…
Celui qui est blessé dans sa vie, de quelque façon que ce soit, peut trouver chez lui attention et écoute… En particulier, le prêtre manifeste des entrailles de miséricorde lorsqu’il administre le sacrement de la réconciliation ; il le manifeste dans tout son comportement, dans sa manière d’accueillir, de conseiller, de donner l’absolution…
Mais cela vient de la manière dont lui-même vit le sacrement en premier, de la manière dont il se laisse embrasser par Dieu le Père dans la confession et dont il reste dans ses bras… Si l’on vit cela soi-même, dans son cœur, on peut le donner aux autres dans le ministère.
Et je vous laisse cette question : Comment est-ce que je me confesse ? Est-ce que je me laisse embrasser ?
Il me vient à l’esprit un grand prêtre de Buenos Aires, il est plus jeune que moi, il aura 72 ans… Une fois, il est venu me voir. C’est un grand confesseur. Et une fois, il est venu me voir : « – Mais, Père… -Dis-moi – J’ai un peu de scrupule, parce que je sais que je pardonne trop ! – Prie… si tu pardonnes trop… ». Et nous avons parlé de la miséricorde. À un moment, il m’a dit : « Tu sais, quand je sens que ce scrupule est trop fort, je vais dans la chapelle, devant le tabernacle, et je Lui dis : ‘Excuse-moi, c’est de ta faute, parce que tu m’as donné le mauvais exemple !’ Et je repars tranquille… ». C’est une belle prière de miséricorde ! Si l’on vit cela pour soi dans la confession, dans son cœur, on peut aussi le donner aux autres.
Le prêtre est appelé à apprendre cela, à avoir un cœur qui s’émeut. Les prêtres – je me permets ce mot – « aseptisés », « de laboratoire », tout propres, tout beaux, n’aident pas l’Église. L’Église d’aujourd’hui, nous pouvons l’imaginer comme un « hôpital de campagne ». Excusez-moi, je répète cela parce que je le vois comme cela, je le sens comme cela : un « hôpital de campagne ». Il faut soigner les blessures, tellement de blessures ! Tellement de blessures ! Il y a tellement de gens blessés, par les problèmes matériels, par les scandales, même dans l’Église… Des gens blessés par les illusions du monde… Nous, les prêtres, nous devons être là, auprès de ces gens. Miséricorde signifie avant tout soigner les blessures. Quand quelqu’un est blessé, il a tout de suite besoin de cela, non pas d’analyses, comme le taux de cholestérol, de glycémie… Mais il y a la blessure : soigne la blessure et on verra après pour les analyses. Après, on donne les soins spécialisés, mais d’abord, il faut soigner les blessures ouvertes. Pour moi, en ce moment, c’est cela le plus important. Et il existe aussi des blessures cachées, parce qu’il y a des personnes qui s’éloignent pour ne pas montrer leurs blessures… Il me vient à l’esprit l’habitude, pour la loi mosaïque, des lépreux au temps de Jésus, qui étaient toujours éloignés, pour ne pas contaminer… Il y a des personnes qui s’éloignent par honte, parce qu’elles ont honte qu’on voie leurs blessures… ! Et elles s’éloignent peut-être un peu en regardant de travers, contre l’Église, mais au fond, à l’intérieur, il y a la blessure… Ils veulent une caresse ! Et vous, chers confrères – je vous le demande – connaissez-vous les blessures de vos paroissiens ? Est-ce que vous les devinez ? Est-ce que vous êtes proches d’eux ? C’est la seule question…
  1. Miséricorde ne signifie ni indulgence ni rigidité
Revenons au sacrement de la réconciliation. Nous autres, prêtres, il nous arrive souvent d’entendre l’expérience de nos fidèles qui nous racontent avoir rencontré, dans la confession, un prêtre très « étroit » ou au contraire très « large », rigoriste ou laxiste. Et cela ne va pas. C’est normal qu’il y ait des différences de style entre les confesseurs, mais ces différences ne peuvent pas concerner la substance, c’est-à-dire la saine doctrine morale et la miséricorde. Ni le laxiste ni le rigoriste ne rendent témoignage à Jésus-Christ, parce que ni l’un ni l’autre ne prend sur lui la personne qu’il rencontre. Le rigoriste se lave les mains : en effet, il la cloue à la loi, vue de manière froide et rigide ; le laxiste, lui, se lave les mains : il n’est miséricordieux qu’en apparence mais en réalité il ne prend pas au sérieux le problème de cette conscience, en minimisant le péché. La véritable miséricorde prend sur elle la personne, l’écoute attentivement, s’approche avec respect et vérité de la situation, et l’accompagne sur le chemin de la réconciliation. Et c’est fatigant, oui, bien sûr. Le prêtre vraiment miséricordieux se comporte comme le Bon Samaritain… mais pourquoi le fait-il ? Parce que son cœur est capable de compassion, c’est le cœur du Christ !
Nous savons bien que ni le laxisme ni le rigorisme ne font grandir la sainteté. Peut-être que certains rigoristes paraissent saints, saints… mais pensez à Pélage et ensuite nous en reparlerons… Ni le laxisme, ni le rigorisme ne sanctifient le prêtre, et ils ne sanctifient pas le fidèle ! La miséricorde, en revanche, accompagne le chemin de la sainteté, l’accompagne et la fait grandir… Trop de travail pour un curé ? C’est vrai, trop de travail ! Et de quelle manière accompagne-t-il et fait-il grandir le chemin de la sainteté ? À travers la souffrance pastorale, qui est une forme de la miséricorde. Que signifie souffrance pastorale ? Cela veut dire souffrir pour et avec les personnes. Et cela n’est pas facile ! Souffrir comme un père et une mère souffrent pour leurs enfants, je me permets de dire, avec angoisse aussi…
Pour m’expliquer, je vais vous poser quelques questions qui m’aident lorsqu’un prêtre vient me voir. Cela m’aide aussi lorsque je suis seul devant le Seigneur !
Dis-moi : Est-ce que tu pleures ? Ou avons-nous perdu nos larmes ? Je me souviens que dans les anciens missels, ceux d’autrefois, il y a une très belle prière pour demander le don des larmes. La prière commençait comme cela : « Seigneur, tu as donné à Moïse l’ordre de frapper la pierre pour que sorte l’eau, touche la pierre de mon cœur pour que les larmes… » : c’est plus ou moins cela, la prière. Elle était très belle. Mais combien, parmi nous, pleurent devant la souffrance d’un enfant, devant la destruction d’une famille, devant tant de personnes qui ne trouvent pas le chemin ? Les larmes du prêtre… ! Est-ce que tu pleures ? Ou bien avons-nous perdu nos larmes dans ce presbytère ?
Est-ce que tu pleures pour ton peuple ? Dis-moi, est-ce que tu fais ta prière d’intercession devant le tabernacle ?
Est-ce que tu luttes avec le Seigneur pour ton peuple, comme Abraham a lutté ? « Peut-être qu’il y en a moins ? Peut-être n’y en a-t-il que 25 ? Peut-être s’en trouvera-t-il 20 ?… » (cf. Gn 18,22-33). Cette courageuse prière d’intercession… Nous parlons de « parresia », de courage apostolique, et nous pensons aux plans pastoraux, c’est bien, mais cette « parresia » est nécessaire aussi dans la prière. Est-ce que tu luttes avec le Seigneur ? Est-ce que tu discutes avec le Seigneur comme l’a fait Moïse ? Quand le Seigneur en avait assez, quand il était fatigué de son peuple et qu’il lui a dit : « – Sois tranquille… je les détruirai tous et je te ferai chef d’un autre peuple. – Non, non ! Si tu détruis le peuple, détruis-moi aussi ! » Mais c’était des hommes ! Et je vous pose la question : Est-ce que nous sommes des hommes pour lutter avec Dieu pour notre peuple ?
Une autre question que je pose : le soir, comment est-ce que tu conclus ta journée ? Avec le Seigneur ou avec la télévision ?
Quel est ton rapport avec ceux qui aident à être plus miséricordieux ? Je veux dire quel est ton rapport avec les enfants, avec les personnes âgées, avec les malades ? Est-ce que tu sais les caresser, ou est-ce que tu as honte de caresser une personne âgée ?
N’aie pas honte de la chair de ton frère (cf. Jorge Mario Bergoglio, Reflexiones en esperanza, ch. I). À la fin, nous serons jugés sur la manière dont nous aurons su nous approcher de « toute chair » – ça, c’est Isaïe. N’aie pas honte de la chair de ton frère. « Nous faire proches » : la proximité, se faire proche de la chair de son frère. Le prêtre et le lévite qui passèrent avant le Bon Samaritain n’ont pas su s’approcher de cette personne malmenée par les bandits. Leur cœur était fermé. Peut-être le prêtre a-t-il regardé sa montre et a-t-il dit : « Il faut que j’aille à la messe, je ne peux pas arriver en retard pour la messe » et il est parti. Justifications ! Combien de fois trouvons-nous des justifications pour contourner le problème, la personne, l’autre ? Le lévite, ou le docteur de la loi, l’avocat, a dit : ‘Non, je ne peux pas parce que si je fais ça, demain, je devrai aller témoigner, je vais perdre du temps…’. Les excuses !… Ils avaient le cœur fermé. Mais le cœur fermé se justifie toujours de ce qu’il ne fait pas. Au contraire, ce Samaritain ouvre son cœur, se laisse émouvoir dans ses entrailles et ce mouvement intérieur se traduit en action pratique, dans une intervention concrète et efficace pour aider cette personne.
À la fin des temps, ne sera admis à contempler la chair crucifiée du Christ que celui qui n’aura pas eu honte de la chair de son frère blessé et exclu.
Je vous confesse, cela me fait du bien, parfois, de lire la liste sur laquelle je serai jugé, cela me fait du bien : c’est dans Matthieu 25.
Ce sont ces choses qui me sont venues à l’esprit, pour vous les partager. Elles sont un peu spontanées, comme elles me sont venues…
[Le card. Vallini : « Un bel examen de conscience. Cela nous fera du bien ». Applaudissements].
À Buenos Aires – je parle d’un autre prêtre – il y avait un confesseur connu : c’était un prêtre du Saint-Sacrement. Presque tous les prêtres se confessaient à lui. Quand, une des deux fois où il est venu, Jean-Paul II a demandé un confesseur, à la nonciature, il est allé le voir. Il est âgé, très âgé… Il a été provincial de son Ordre, professeur, mais toujours confesseur, toujours. Et il y avait toujours la queue, dans l’église du Saint-Sacrement. À cette époque, j’étais vicaire général et j’habitais à la curie et tous les matins, tôt, je descendais au fax pour voir s’il y avait quelque chose. Et le matin de Pâques, j’ai lu un fax du supérieur de la communauté : « Hier, une demi-heure avant la veillée pascale, le père Aristi est mort, à 94 ou 96 ans. L’enterrement aura lieu tel jour… » Et le matin de Pâques, je devais aller prendre le repas avec les prêtres de la maison de retraite – je le faisais en général à Pâques – et puis je me suis dit, ‘Après le repas j’irai à l’église’. C’était une grande église, très grande, avec une très belle crypte. Je suis descendu dans la crypte et il y avait le cercueil, et seulement deux petites vieilles qui priaient là, mais pas de fleurs… J’ai pensé : ‘Mais cet homme, qui a pardonné les péchés de tout le clergé de Buenos Aires, et les miens aussi, même pas une fleur…’. Je suis remonté et je suis allé chez un fleuriste – parce qu’à Buenos Aires, aux croisements des rues, il y a des fleuristes, dans les rues où il y a du monde – et j’ai acheté des fleurs, des roses… Et je suis revenu et j’ai commencé à bien arranger le cercueil avec les fleurs… Et j’ai regardé le chapelet, que j’avais à la main… Et aussitôt il m’est venu à l’esprit – ce voleur qui est en chacun de nous, non ? – et pendant que j’installais les fleurs, j’ai pris la croix du chapelet et en forçant un peu, je l’ai détachée. Et à ce moment, je l’ai regardé et j’ai dit : ‘Donne-moi la moitié de ta miséricorde’. J’ai senti quelque chose de fort qui m’a donné le courage de faire cela et de faire cette prière ! Et puis, cette croix, je l’ai mise ici, dans ma poche. Les chemises du pape n’ont pas de poches, mais je porte toujours sur moi une petite pochette en tissu et depuis ce jour-là, jusqu’à aujourd’hui, cette croix est avec moi. Et lorsqu’il me vient une pensée mauvaise contre quelqu’un, ma main se pose ici, toujours. Et je sens la grâce ! Je sens que cela me fait du bien. Tout le bien que fait l’exemple d’un prêtre miséricordieux, d’un prêtre qui s’approche des blessures…
Si vous réfléchissez, vous en avez sûrement connu beaucoup, beaucoup, parce que les prêtres d’Italie sont bons ! Ils sont bons. Je crois que si l’Italie est encore si forte, ce n’est pas tant à cause de nous, les évêques, mais pour ses curés, pour ses prêtres ! C’est vrai, cela, c’est vrai ! Ce n’est pas pour vous encenser, c’est ce que je ressens.
La miséricorde. Pensez à tous les prêtres qui sont au ciel et demandez cette grâce ! Qu’ils vous donnent cette miséricorde qu’ils ont eue avec leurs fidèles. Et cela fait du bien.
Merci beaucoup pour votre attention et d’être venus ici.
 Traduction de Zenit, Hélène Ginabat                          
Source :  https://fr.zenit.org/articles/voici-le-temps-de-la-misericorde/