ANGELUS

Chaque petite pierre a sa place dans l’Eglise 27 août 2017

Chers frères et sœurs, l’Evangile de ce dimanche (Mt 16,13-20) nous rapporte un passage clef du chemin de Jésus avec ses disciples: le moment où il veut vérifier à quel point se trouve leur foi en Lui. Auparavant, il veut savoir ce quel es gens pensent de Lui. Et les gens pensent que Jésus est un prophète, ce qui est vrai, mais ils ne saisissent pas le centre de sa personne ni de sa mission. Ensuite, il pose à ses disciples la question qui lui est le plus à cœur, c’est-à-dire qu’il leur demande directement: “Mais vous, qui dites-vous que je suis?” (v.15) Par ce “mais”, Jésus distingue nettement les Apôtres de la foule, ce qui revient à dire: mais vous, qui êtes avec moi tous les jours, et qui me connaissez de près, qu’est-ce que vous avez saisi de plus?

Le Maître attend des siens une réponse élevée et différente de celles de l’opinion publique. Et, en effet, une réponse de ce type jaillit du cœur de Simon appelé Pierre: “Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant” (v.16). Simon Pierre retrouve avec sur les lèvres des paroles plus grandes que lui, des paroles qui ne viennent pas de ses capacités naturelles. Il n’avait peut-être pas fait l’école élémentaire et il est capable de dire ces paroles, plus fortes que lui ! Mais elle sont inspirées par le Père céleste (cf. v. 17), qui révèle au premier des Douze la vraie identité de Jésus: Il est le Messie, le Fils envoyé par Dieu pour sauver l’humanité. Grâce à cette réponse, Jésus comprend que, grâce à la foi donnée par le Père, il y a un fondement solide sur lequel il peut construire sa communauté, son Eglise. C’est pourquoi il dit à Simon: “Tu es Pierre – c’est-à-dire pierre, roc – et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise (v. 18).

Aujourd’hui, avec nous aussi, Jésus veut continuer à construire son Eglise, cette maison avec des fondements solides mais où les fissures ne manquent pas et qui a continuellement besoin d’être réparée, comme au temps de saint François d’Assise.

Certes, nous ne nous percevons pas comme des rocs, mais seulement comme de petites pierres. Cependant pas une petite pierre est inutile, au contraire, entre les mains de Jésus, elle devient précieuse, parce qu’Il la prend, la regarde avec une grande tendresse, la travaille par son Esprit, et la place au bon endroit, auquel il a pensé depuis toujours, et où elle peut être utile à toute la construction. Et nous tous, bien que petits, nous devenons des “pierres vivantes” parce que quand Jésus prend sa pierre dans sa main, il la fait sienne, la rend vivante, pleine de vie, pleine d’Esprit Saint, pleine de vie de son amour, et c’est ainsi que nous avons une place et une mission dans l’Eglise: elle est une communauté de vie, faite de tant de pierres, toutes différentes, qui forment un unique édifice, sous le signe de la fraternité et de la communion.

De plus, l’Evangile d’aujourd’hui nous rappelle que Jésus a aussi voulu pour son Eglise un centre visible de communion, dans Pierre – il n’est pas non plus une grande pierre, c’est une petite pierre, mais prise par Jésus elle devient centre de communion -, dans Pierre et dans ceux qui lui auraient succédé dans la même responsabilité primatiale, qui, depuis les origines, ont été identifiés avec les évêques de Rome, la ville où Pierre et Paul ont rendu leur témoignage par le sang.

Confions-nous à Marie, Reine des Apôtres, Mère de l’Eglise. Elle se trouvait au Cénacle, à côté de Pierre, quand l’Esprit est descendu sur les Apôtres et les a poussés à sortir, à annoncer à tous que Jésus est le Seigneur. Aujourd’hui, que notre Mère nous soutienne et nous accompagne de son intercession, afin que nous réalisions pleinement cette unité et cette communion pour lesquelles le Christ et les Apôtres ont prié et ont donné leur vie. Anita Bourdin

Source : https://fr.zenit.org/articles/angelus-chaque-petite-pierre-a-sa-place-dans-leglise-traduction-complete/

Horoscopes, idéologies, modes et slogans, des barques qui coulent ! 13 Août 2017

Chers frères et sœurs bonjour!

La page de l’Evangile d’aujourd’hui (Mt 14,22-33) décrit l’épisode où Jésus, après avoir prié toute la nuit sur une rive du lac de Galilée, se dirige vers la barque de ses disciples, en marchant sur les eaux.

La barque se trouve au milieu du lac, bloquée par un fort vent contraire. Lorsqu’ils voient Jésus venir en marchant sur les eaux, les disciples le prennent pur un fantôme et ils sont pris de peur. Mais il les rassure : « Courage, c’est moi, n’ayez pas peur ! » (v. 27). Pierre, avec son impétuosité, typique, lui dit : « Seigneur, si c’est toi, commande-moi de venir à toi sur les eaux !» Et Jésus l’appelle : « Viens ! »  (vv. 28-29). Pierre descend de la barque et il se met à marcher sur l’eau vers Jésus. Mais à cause du vent, il s’agite et il commence à couler. Alors il crie : « Seigneur, sauve-moi ! » Et Jésus lui tend la main et le saisit (vv. 30-31).

Ce récit de l’Evangile contient un riche symbolisme et il nous fait réfléchir à notre foi, en tant qu’individus et en tant que communauté ecclésiale, aussi la foi de nous tous qui sommes ici aujourd’hui sur la place. La communauté, cette communauté ecclésiale, a-t-elle la foi ? Comment est la foi de chacun de nous et la foi de notre communauté ?

La barque, c’est la vie de chacun de nous mais c’est aussi la vie de l’Eglise ; le vent contraire représente les difficultés et les épreuves. L’invocation de Pierre : « Seigneur, commande-moi de venir à toi! » et son cri : « Sauve-moi ! » ressemblent tellement à notre désir de sentir la proximité du Seigneur, mais aussi la peur et l’angoisse qui accompagnent les moments les plus durs de notre vie et de nos communautés, marquée par des fragilités interne et par des difficultés extérieures.

A Pierre, elle n’a pas suffi cette parole sûre de Jésus, qui était comme la corde tendue à laquelle s’agripper pour affronter les eaux hostiles et turbulentes. C’est ce qui peut nous arriver à nous aussi. Quand on ne s’agrippe pas à la Parole du Seigneur, mais que l’on consulte des horoscopes et des cartomanciens, on commence à couler. Cela veut dire que la foi n’est pas très forte. L’Evangile d’aujourd’hui nous rappelle que la foi dans le Seigneur et dans sa parole ne nous ouvre pas un chemin où tout est facile et tranquille, elle ne nous soustrait pas aux tempêtes de la vie.

La foi nous donne la sécurité d’une Présence, n’oubliez pas cela.  La foi nous donne la sécurité d’une Présence, la présence de Jésus qui nous pousse à surmonter les tempêtes existentielles, la certitude d’une main qui nous saisit même quand il fait noir. La foi, en somme, n’est pas une échappatoire des problèmes de la vie, mais elle soutient sur le chemin et lui donne un sens.

Cet épisode est une image magnifique de la réalité de l’Eglise de tous les temps : une barque qui, tout au long de la traversée, doit affronter aussi des vents contraires et des tempêtes, qui menacent de la renverser. Ce qui la sauve, ce ne sont pas le courage et les qualités de ses hommes : la garantie contre le naufrage c’est la foi en Jésus et dans sa parole. Voilà la garantie.

Sur cette barque nous sommes en sécurité, en dépit de nos misères et de nos faiblesses, surtout quand nous nous mettons à genoux et que nous adorons le Seigneur, comme les disciples qui, à la fin, « se prosternèrent devant lui, en disant : ‘Vraiment, tu es le Fils de Dieu !’ » (v. 33). Que c’est beau de dire à Jésus: « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ». Disons-le ensemble! « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! » Encore une fois! [Vraiment, tu es le Fils de Dieu !]

Que la Vierge Marie nous aide à durer bien fermes dans la foi pour résister aux tempêtes de la vie, à rester dans la barque de l’Eglise, en repoussant la tentation de monter sur des bateaux enchantés mais peu sûrs des idéologies, des modes et des slogans. Anita Bourdin Source : https://fr.zenit.org/articles/angelus-horoscopes-ideologies-modes-et-slogans-des-barques-qui-coulent/

 

Transfiguration : rencontrer Jésus pour pouvoir servir 6 août 2017

Chers frères et sœurs, bonjour ! Ce dimanche, la liturgie célèbre la fête de la Transfiguration du Seigneur. La page évangélique d’aujourd’hui raconte que les Apôtres Pierre, Jacques et Jean ont été les témoins de cet événement extraordinaire.

Jésus les as pris avec lui « et il les a conduits à part, sur une haute montagne » (Mt 17,1) et, tandis qu’il priait, son visage changea d’aspect, brillant comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière.

Moïse et Elie apparurent, et ils entrèrent en dialogue avec Lui. A ce moment-là, Pierre dit à Jésus : « Seigneur, c’est beau pour nous d’être ici ! Si tu le veux, je ferai ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, une pour Elie » (v .4). Il n’avait pas fini de parler quand une nuée lumineuse les enveloppa.

L’événement de la Transfiguration du Seigneur nous offre un message d’espérance – nous serons ainsi avec Lui -: il nous invite à rencontrer Jésus, pour être au service de nos frères.

L’ascension des disciples vers le Mont Thabor nous conduit à réfléchir à l’importance de se détacher des choses du monde, pour accomplir un chemin vers le haut et contempler Jésus. Il s’agit de nous disposer à l’écoute attentive et priante du Christ, Fils bien-aimé du Père, en recherchant des moments intimes de prière qui permettent l’accueil docile et joyeux de la Parole de Dieu.

Nous sommes appelés à redécouvrir le silence pacifiant et régénérant de la méditation de l’Evangile, qui conduit à un but riche en beauté, en splendeur et en joie.

Dans cette perspective, le temps de l’été est un moment providentiel pour accroître notre engagement de recherche et de rencontre du Seigneur.

En cette période, les étudiants sont libres de leurs engagements scolaires et tant de familles sont en vacances ; c’est important que dans la période de repos et de détachement des occupations quotidiennes, on puisse refaire les forces du corps et de l’esprit, en approfondissant le chemin spirituel.

Au terme de l’expérience admirable de la Transfiguration, les disciples sont descendus de la montagne (cf. v.9) les yeux et le cœur transfigurés par la rencontre avec le Seigneur. C’est le parcours que nous pouvons accomplir nous aussi. La redécouverte toujours plus vivante de Jésus n’est pas une fin en soi, mais elle nous induit à « descendre de la montagne », revigorés par la force de l’Esprit divin, pour décider de faire de nouveaux pas de conversion authentique et pour témoigner constamment de la charité, comme loi de notre vie quotidienne.

Transformés par la présence du Christ et par l’ardeur de sa parole, nous serons le signe concret de l’amour vivifiant de Dieu pour tous nos frères, spécialement pour qui souffre, pour ceux qui se trouvent dans la solitude et dans l’abandon, pour les malades et pour la multitude des hommes et des femmes qui, dans différentes parties du monde, sont humiliés par l’injustice, l’abus de pouvoir et la violence.

Dans la Transfiguration, on entend la voix du Père céleste qui dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Ecoutez-le ! » (v.5). Regardons Marie, la Vierge de l’écoute, toujours prête à accueillir et à garder dans son cœur toute parole de son divin Fils (cf. Lc 1, 51). Veuille la céleste Mère de Dieu nous aider à entrer en harmonie avec la Parole de Dieu, de façon à ce que le Christ devienne lumière et guide de toute notre vie. Confions-lui les vacances de tous, afin qu’elles soient sereines et fécondes, mais surtout l’été de ceux qui ne peuvent pas prendre de vacances parce qu’ils en sont empêchés par l’âge, pour des raisons de santé, par des gênes économiques, ou par d’autres problèmes, afin que ce soit de toute façon un temps de détente, égayé par des présences amies et par des moments joyeux. Traduction  ZENIT, Anita Bourdin

Source : https://fr.zenit.org/articles/transfiguration-rencontrer-jesus-pour-pouvoir-servir/

Le Royaume de Dieu exige « de se donner de la peine » 30 juillet 2017

Chers frères et sœurs, bonjour ! Le discours de Jésus en paraboles, qui regroupe sept paraboles au chapitre 13 de l’Evangile de Matthieu, se conclut avec les trois métaphores du jour : le trésor (v. 44), la perle précieuse (v. 45-46) et le filet de pêche (v. 47-48). Je m’arrête sur les deux premières qui soulignent la décision des protagonistes de tout vendre pour obtenir ce qu’ils ont découvert. Dans le premier cas il s’agit d’un paysan qui tombe par hasard sur un trésor caché dans le champ où il travaille. Le champ ne lui appartenant pas il doit l’acheter s’il veut entrer en possession du trésor : il décide donc de risquer tous ses biens pour ne pas perdre cette occasion vraiment exceptionnelle. Dans le deuxième cas nous trouvons un négociant de perles précieuses ; en expert connaisseur, il a repéré une perle de grande valeur. Lui aussi décide de tout miser sur cette perle, au point de vendre toutes les autres.

Ces comparaisons mettent en évidence deux caractéristiques concernant la possession du Royaume de Dieu : la recherche et le sacrifice. Il est vrai que le Royaume de Dieu est offert à tous, c’est un don, c’est un cadeau, c’est une grâce. Mais il n’est pas mis à disposition sur un plateau d’argent, il exige un dynamisme : il s’agit de chercher, de marcher, de se donner de la peine.

L’attitude de la recherche est la condition essentielle pour trouver ; il faut que le cœur brûle du désir de rejoindre le bien précieux, c’est-à-dire le Royaume de Dieu qui se fait présent dans la personne de Jésus. C’est Lui le trésor caché, c’est Lui la perle de grande valeur. Il est la découverte fondamentale, qui peut donner un tournant décisif à notre vie, en la remplissant de sens.

Face à la découverte inattendue, aussi bien le paysan que le négociant se rendent compte qu’ils sont en face d’une occasion unique à ne pas laisser échapper, c’est pourquoi ils vendent tout ce qu’ils possèdent. L’évaluation de la valeur inestimable du trésor conduit à une décision qui implique aussi sacrifice, détachement et renoncement.

Quand le trésor et la perle ont été découverts, c’est-à-dire quand nous avons trouvé le Seigneur, il ne faut pas laisser cette découverte stérile, mais lui sacrifier toutes les autres choses. Il ne s’agit pas de mépriser le reste, mais de le subordonner à Jésus, en Le mettant à la première place. La grâce à la première place. Le disciple du Christ n’est pas quelqu’un qui s’est privé de quelque chose d’essentiel ; c’est quelqu’un qui a trouvé beaucoup plus : il a trouvé la joie pleine que seule le Seigneur peut donner. C’est la joie évangélique du malade guéri ; des pécheurs pardonnés ; du larron pour lequel s’ouvre la porte du paradis.

La joie de l’Evangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par Lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus-Christ la joie naît et renaît toujours (cfr Evangelii Gaudium, n. 1).

Aujourd’hui nous sommes exhortés à contempler la joie du paysan et du négociant des paraboles. C’est la joie de chacun de nous quand nous découvrons la proximité et la présence consolante de Jésus dans notre vie.

Une présence qui transforme le cœur et nous ouvre aux besoins et à l’accueil des frères, spécialement des plus faibles.

Prions, par l’intercession de la Vierge Marie, afin que chacun de nous sache témoigner, par les paroles et les gestes quotidiens, la joie d’avoir trouvé le trésor du Royaume de Dieu, c’est-à-dire l’amour que le Père nous a donné par Jésus. Traduction de Zenit, Anne Kurian

source : https://fr.zenit.org/articles/le-royaume-de-dieu-exige-de-se-donner-de-la-peine/

« La frontière entre le bien et le mal passe dans le cœur de chaque personne » 23 juillet 2017

Chers frères et sœurs, bonjour ! Le passage évangélique du jour propose trois paraboles avec lesquelles Jésus parle aux foules du Règne de Dieu. Je m’arrête sur la première : celle du bon grain et de l’ivraie, qui illustre le problème du mal dans le monde et met en relief la patience de Dieu (cf. Mt 13,24-30.36-43). Quelle patience a Dieu ! Chacun de nous peut le dire : quelle patience a Dieu avec moi. Le récit se déroule dans un champ avec deux protagonistes opposés. D’un côté le maître du champ qui représente Dieu et sème le bon grain ; de l’autre l’ennemi qui représente Satan et répand la mauvaise herbe.

Avec le temps, l’ivraie pousse au milieu du bon grain, et face à cela le maître et ses serviteurs ont des attitudes diverses. Les serviteurs voudraient intervenir en arrachant l’ivraie ; mais le maître, qui est préoccupé surtout par le salut du bon grain, s’y oppose en disant : « Non, en enlevant l’ivraie, vous risquez d’arracher le blé en même temps » (v. 29). Par cette image, Jésus nous dit qu’en ce monde le bien et le mal sont tellement entremêlés, qu’il est impossible de les séparer et d’extirper tout le mal. Seul Dieu peut faire cela, et il le fera au jugement final. Avec ses ambiguïtés et son caractère composite, la situation présente est le champ de la liberté, le champ de la liberté des chrétiens, où s’accomplit le difficile exercice du discernement.

Il s’agit donc de joindre, avec une grande confiance en Dieu et dans sa providence, deux attitudes apparemment contradictoires : la décision et la patience. La décision est celle de vouloir être bon grain – nous le voulons tous – de toutes ses forces, et donc de prendre ses distances par rapport au malin et à ses séductions. La patience signifie préférer une Eglise qui soit levain dans la pâte, qui ne craigne pas de se salir les mains en lavant le linge sale de ses enfants, plutôt qu’une Eglise de “purs”, qui prétende juger avant le bon moment de qui demeure dans le Royaume de Dieu et qui n’y demeure pas.

Le Seigneur, qui est la Sagesse incarnée, nous aide aujourd’hui à comprendre que le bien et le mal ne peuvent pas s’identifier avec des territoires définis ou des groupes humains déterminés. Voilà les bons et voilà les mauvais. Il nous dit que la frontière entre le bien et le mal passe dans le cœur de chaque personne, passe dans le cœur de chacun de nous. Nous sommes tous pécheurs. J’ai envie de vous demander : que celui qui n’est pas pécheur lève la main. Personne, parce que nous le sommes tous, nous sommes tous pécheurs. Jésus Christ, par sa mort en croix et sa résurrection, nous a libérés de l’esclavage du péché et nous donne la grâce de marcher dans une vie nouvelle ; mais avec le Baptême il nous a donné aussi la Confession, parce que nous avons toujours besoin d’être pardonnés de nos péchés. Regarder toujours et seulement le mal qu’il y a à l’extérieur de nous, c’est ne pas vouloir reconnaître le péché qu’il y a aussi en nous.

Et puis Jésus nous enseigne une façon différente de regarder le champ du monde, d’observer la réalité. Nous sommes appelés à apprendre les temps de Dieu qui ne sont pas nos temps, et également à apprendre le “regard” de Dieu : grâce à l’influence bénéfique d’une attente anxieuse, ce qui était ivraie ou qui semblait ivraie, peut devenir un bon produit. C’est la réalité de la conversion, c’est la perspective de l’Espérance !

Que la Vierge Marie nous aide à saisir dans la réalité qui nous entoure non seulement la saleté et le mal, mais aussi le bien et le beau ; à démasquer l’œuvre de Satan, mais surtout à faire confiance à l’action de Dieu qui féconde l’histoire. Anne Kurian

Source : https://fr.zenit.org/articles/la-frontiere-entre-le-bien-et-le-mal-passe-dans-le-coeur-de-chaque-personne/

La Parole de Dieu « n’est pas une cage ou un piège, mais une graine » 16 juillet 2017

Chers frères et sœurs, bonjour ! Quand il parlait, Jésus utilisait un langage simple et se servait aussi d’images qui étaient des exemples de vie quotidienne, de façon à pouvoir être compris facilement par tous. C’est pourquoi on l’écoutait volontiers. On appréciait son message qui arrivait droit au cœur. Ce n’était pas ce langage compliqué à comprendre, celui qu’utilisaient les docteurs de la loi, du temple : on ne le comprenait pas bien, (il était) plein de rigidité et éloignait les personnes. Et avec ce langage, Jésus faisait comprendre le mystère du Règne de Dieu. Ce n’était pas une théologique compliquée.

L’Évangile d’aujourd’hui en est un exemple : la parabole du semeur (cf. Mt 13,1-23). Le semeur c’est Jésus. Notons que, par cette image, il se présente comme quelqu’un qui ne s’impose pas, mais se propose ; il nous ne nous attire pas en nous conquérant mais en se donnant ; il jette la semence. Il répand avec patience et générosité sa Parole, qui n’est pas une cage ou un piège, mais une graine qui peut porter du fruit. De quelle façon peut-elle porter du fruit ? Si nous l’accueillons.

C’est pourquoi la parabole nous concerne surtout nous : elle parle en effet du terrain plus que du semeur. Jésus réalise, pour ainsi dire, une “radiographie spirituelle” de notre cœur, qui est le terrain sur lequel tombe la graine de la Parole. Notre cœur, comme un terrain, peut être bon et alors la parole porte du fruit, et beaucoup, mais il peut être aussi dur, imperméable. Cela arrive quand nous entendons la Parole, mais elle rebondit sur nous, comme sur une route. Elle n’entre pas.

Entre le bon terrain et la route – qui est le goudron ; si nous jetons des graines sur les Sampietrini (pavés romains, ndlr), il ne se passe rien – il y a deux terrains intermédiaires que nous pouvons avoir en nous à des degrés divers. Le premier est le sol pierreux. Essayons de l’imaginer : un terrain pierreux est un terrain « où ils n’avaient pas beaucoup de terre » (cfr v. 5), à cause de cela la graine germe, mais ne réussit pas à avoir des racines profondes. C’est le cœur superficiel, qui accueille le Seigneur, veut prier, aimer et témoigner, mais ne persévère pas, se lasse et ne “décolle” jamais. C’est un cœur sans épaisseur, où les cailloux de la paresse l’emportent sur la bonne terre, où l’amour est inconstant et passager. Mais celui qui accueille le Seigneur seulement quand cela lui va, ne porte pas de fruit.

Il y a ensuite le dernier terrain, épineux, plein de ronces qui étouffent les bonnes plantes. Qu’est-ce que représentent ces ronces ? « Le souci du monde et la séduction de la richesse » (v. 22), dit Jésus explicitement. Les ronces sont les vices qui se battent à coup de poing avec Dieu, qui en étouffent la présence : d’abord les idoles de la richesse mondaine, la vie avide, pour soi-même, pour l’avoir et le pouvoir. Si nous cultivons ces ronces, nous étouffons la croissance de Dieu en nous. Chacun peut reconnaître ses petites et grandes ronces, les vices qui habitent son cœur, ces arbustes plus ou moins enracinés qui ne plaisent pas à Dieu et empêchent d’avoir le cœur propre. Il faut les arracher, sinon la Parole ne porte pas de fruit, la graine ne grandira pas.

Chers frères et sœurs, Jésus nous invite aujourd’hui à regarder en nous : à remercier pour notre bonne terre et à travailler sur des terres qui ne sont pas encore bonnes. Demandons-nous si notre cœur est ouvert pour accueillir avec foi le grain de la Parole de Dieu. Demandons-nous si en nous les pierres de la paresse sont encore nombreuses et grandes ; identifions et appelons par leur nom les ronces des vices. Trouvons le courage de faire un bon assainissement du terrain, un bel assainissement de notre cœur, en portant au Seigneur dans la Confession et dans la prière nos pierres et nos ronces. En faisant ainsi, Jésus, le bon semeur, sera heureux d’accomplir un travail supplémentaire : purifier notre cœur, enlevant les rocs et les épines qui étouffent sa Parole.

Que la Mère de Dieu, qu’aujoud’hui nous reconnaissons par le titre de Notre Dame du Mont Carmel, incomparable dans l’accueil de la Parole de Dieu et dans sa mise en pratique (cf. Lc 8,21), nous aide à purifier notre cœur et à y protéger la présence du Seigneur. Traduction de Zenit, Anne Kurian Source : https://fr.zenit.org/articles/la-parole-de-dieu-nest-pas-une-cage-ou-un-piege-mais-une-graine/

 «Allez trouver Jésus, racontez-lui ce qui vous pèse, il vous soulagera» 9 juillet 2017

Chers frères et sœurs, bonjour ! Dans l’Evangile d’aujourd’hui, Jésus dit : « Venez à moi vous tous qui peinez et ployez sous le poids du fardeau et moi je vous soulagerai » (Mt 11,28).

Le Seigneur ne réserve pas cette phrase à l’un de ses amis, non, il l’adresse à « tous » ceux qui sont fatigués et opprimés par la vie. Qui peut se sentir exclu de cette invitation ?

Le Seigneur sait combien la vie peut être lourde. Il sait que beaucoup de choses fatiguent le cœur : des déceptions, et des blessures du passé, des poids à porter et des torts à supporter dans le présent, des incertitudes et des préoccupations pour l’avenir.

Face à tout cela, la première parole de Jésus est une invitation à bouger et à réagir : « Venez ». L’erreur, quand cela va mal, c’est de rester là où l’on est, allongé là. Cela semble évident, mais combien c’est difficile de réagir et de s’ouvrir ! Ce n’est pas facile. Dans les moments sombres, il vient naturellement de rester entre soi, de ruminer combien la vie est injuste, combien les autres sont ingrats, et comme le monde est méchant et ainsi de suite. Nous le savons tous. Nous avons parfois subi cette vilaine expérience. Mais, fermés, sur nous-mêmes comme cela, nous voyons tout en noir. Alors on en arrive jusqu’à familiariser avec la tristesse, qui finit par être chez elle : cette tristesse nous porte à la prostration, c’est une vilaine chose que cette tristesse.

Au contraire, Jésus veut nous tirer de ces « sables mouvants » et c’est pourquoi il nous dit à chacun : « Viens ! » – « Qui ? » – “Toi, toi, toi…”. L’issue se trouve dans la relation, dans le fait de tendre la main et de lever le regard vers celui qui nous aime vraiment.

En effet, il ne suffit pas de sortir de soi, il faut savoir où aller. Parce que tant de buts sont illusoires : ils promettent le repos et ne font que distraire un peu, ils promettent la paix et donnent le divertissement, en laissant ensuite dans la solitude précédentes, ce sont des « feux d’artifice ».

C’est pour cela que Jésus indique où aller : « Venez à moi ». Et si souvent, face à un poids de la vie, ou à une situation douloureuse, nous essayons de parler avec quelqu’un qui nous écoute, avec un ami, avec un expert… C’est très bien de faire cela, mais n’oublions pas Jésus ! N’oublions pas de nous ouvrir à lui et de lui raconter notre vie, de lui confier les personnes et les situations.

Peut-être y a-t-il des « zones » de notre vie qui ne lui ont jamais été ouvertes et qui sont restées obscures parce qu’elles n’ont jamais vu la lumière du Seigneur. Chacun de nous a son histoire propre. Et si quelqu’un a cette zone obscure, cherchez Jésus, allez auprès d’un missionnaire de la miséricorde, allez à un prêtre, allez… Mais allez à Jésus, et racontez cela à Jésus.

Aujourd’hui, il dit à chacun : « Courage, ne baisse pas les bras devant les poids de la vie, ne te ferme pas face aux peurs et aux péchés, mais viens à moi ! »

Il nous attend, il nous attend toujours, non pour résoudre magiquement nos problèmes, mais pour nous rendre forts dans nos problèmes. Jésus ne nous supprime pas les poids de la vie, mais l’angoisse du cœur ; il ne nous supprime par la croix, mais il la porte avec nous. Et avec lui, tout poids devient léger (cf. v. 30), parce qu’il est le repos que nous cherchons.

Lorsque Jésus entre dans notre vie, la paix arrive, cette paix qui demeure même dans les épreuves, dans les souffrances.

Allons à Jésus, donnons-lui notre temps, rencontrons-le tous les jours dans la prière, dans un dialogue confiant, personnel ; familiarisons-nous avec sa Parole, redécouvrons sans peur son pardon, rassasions nous de son Pain de vie : nous nous sentirons aimés, nous nous sentirons consolés par lui.

C’est lui-même qui nous le demande, presque en insistant. Il le répète encore une fois à la fin de l’Evangile d’aujourd’hui : « Mettez-vous à mon école et je vous procurerai le repos» v. 29.

Et donc, apprenons à aller à Jésus, et alors que pendant les mois d’été nous allons chercher un peu de repos de ce qui fatigue le corps, n’oublions pas de trouver le vrai repos dans le Seigneur.

Que nous aide en cela la Vierge Marie, qui prend toujours soin de nous quand nous sommes fatigués et opprimés et elle nous accompagne auprès de Jésus. © Traduction de ZENIT, Raquel Anillo

Source : https://fr.zenit.org/articles/angelus-allez-trouver-jesus-racontez-lui-ce-qui-vous-pese-il-vous-soulagera/

La première question à poser à un chrétien    2 Juillet 2017

Chers frères et sœurs, bonjour ! La liturgie d’aujourd’hui nous présente les dernières répliques du discours missionnaire du chapitre 10 de l’évangile de Matthieu (cf. 10,37-42), avec lequel Jésus instruit les douze au moment où pour la première fois il les envoie en mission dans les villages de la Galilée et de la Judée. Dans cette partie finale Jésus souligne deux aspects essentiels pour la vie du disciple missionnaire : le premier, que son lien avec Jésus est plus fort que tout autre lien ; le second, que le missionnaire n’apporte pas lui-même, mais Jésus, et à travers Lui l’amour du Père céleste. Ces deux aspects sont liés, parce que plus Jésus est au centre du cœur et de la vie du disciple, plus ce disciple est “transparent” de sa présence. Les deux vont ensemble.

« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi » (v. 37). L’affection d’un père, la tendresse d’une mère, la douce amitié entre frères et sœurs, tout cela, tout en étant bon et légitime, ne peut pas être placé avant le Christ. Non pas parce qu’Il nous veut sans cœur et privés de reconnaissance, au contraire, mais parce que la condition du disciple exige une relation prioritaire avec le maître. Quel que soit le disciple, aussi bien un laïc, une laïque, un prêtre, un évêque : la relation prioritaire. La première question que nous devons poser à un chrétien est peut-être : “Mais toi tu rencontres Jésus ? Tu pries Jésus ?”. La relation. On pourrait presque paraphraser ainsi le Livre de la Genèse : C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à Jésus Christ et tous deux ne feront plus qu’un (cf. Gn 2,24).

Celui qui se laisse attirer dans ce lien d’amour et de vie avec le Seigneur Jésus, devient son représentant, son “ambassadeur”, surtout avec sa façon d’être, de vivre. Au point que Jésus lui-même, envoyant les disciples en mission, leur dit : « Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. » (Mt 10,40). Il faut que les personnes puissent percevoir que pour ce disciple Jésus est vraiment “le Seigneur”, il est vraiment le centre, le tout de la vie. Peu importe si ensuite, comme toute personne humaine, il a ses limites et ses erreurs – à condition qu’il ait l’humilité de les reconnaître –; l’important est qu’il n’ait pas le cœur ‘double’, c’est dangereux. Je suis chrétien, je suis disciple de Jésus, je suis prêtre, je suis évêque, mais j’ai le cœur faux. Cela ne va pas. Il ne faut pas avoir le cœur ‘double’, mais simple, unifié ; qu’il ne soit pas au four et au moulin, mais qu’il soit honnête avec lui-même et avec les autres. La duplicité n’est pas chrétienne. C’est pour cela que Jésus prie le Père afin que les disciples ne tombent pas dans l’esprit du monde. Soit tu es avec Jésus, avec l’esprit de Jésus, soit tu es avec l’esprit du monde.

Et ici notre expérience de prêtres nous enseigne une chose très belle, une chose très importante : c’est cet accueil du saint peuple fidèle de Dieu, c’est ce « verre d’eau fraîche » (v. 42) donné avec une foi affectueuse, qui t’aide à être un bon prêtre ! Il y a une réciprocité aussi dans la mission : si tu laisses tout pour Jésus, les personnes reconnaissent en toi le Seigneur ; mais en même temps elles t’aident à te convertir chaque jour à Lui, à te renouveler et te purifier des compromis et à dépasser les tentations. Plus un prêtre est proche du peuple de Dieu, plus il se sentira proche de Jésus, et plus un prêtre est proche de Jésus, plus il se sentira proche du peuple de Dieu.

La Vierge Marie a expérimenté elle-même ce que signifie aimer Jésus en se détachant de soi-même, donnant un nouveau sens aux liens familiaux, à partir de la foi en Lui. Qu’avec son intercession maternelle, elle nous aide à être libres et à être missionnaires de l’Evangile.  Anne KurianSource : https://fr.zenit.org/articles/la-premiere-question-a-poser-a-un-chretien-angelus-integral/

« Ce ne sont pas les succès qui comptent mais la fidélité » 25 Juin 2017

Chers frères et sœurs, bonjour!

Dans l’évangile d’aujourd’hui (cf. Mt 10, 26-33), après avoir appelé et envoyé ses disciples en mission, le Seigneur les instruit et il les prépare à affronter les épreuves et les persécutions qu’ils rencontreront.

Partir en mission, ce n’est pas faire du tourisme, et Jésus avertit les siens : « Vous rencontrerez des persécutions ». Il les exhorte ainsi : « N’ayez pas peur des hommes, parce qu’il n’y a rien de caché qui ne sera révélé […]. Ce que je vous dis dans les ténèbres dites-le, vous, dans la lumière […]. Et n’ayez pas peur de ceux qui tuent le corps, mais n’ont pas le pouvoir de tuer l’âme » (vv. 26-28). Ils ne peuvent tuer que le corps, ils n’ont pas le pouvoir de tuer l’âme : de ceux-là, n’ayez pas peur.

L’envoi en mission par Jésus ne garantit pas aux disciples le succès, de même que cela ne les met pas à l’abri des échecs ni des souffrances. Ils doivent tenir compte de la possibilité du refus comme de la persécution. Cela fait un peu peur, mais c’est la vérité. Le disciple est appelé à conformer sa vie au Christ qui a été persécuté par les hommes, a connu le refus, l’abandon et la mort sur la croix. Il n’y a pas de mission chrétienne à l’enseigne de la tranquillité ! Les difficultés et les tribulations font partie de l’œuvre d’évangélisation, et nous sommes appelés à trouver l’occasion de vérifier l’authenticité de notre foi et de notre relation à Jésus. Nous devons considérer ces difficultés comme la possibilité d’être encore plus des missionnaires et de grandir dans cette confiance en Dieu, notre Père, qui n’abandonne pas ses enfants à l’heure de la tempête.

Dans les difficultés du témoignage chrétien dans le monde, nous ne sommes jamais oubliés, mais toujours assistés par la sollicitude attentionnée du Père.

C’est pourquoi dans l’Evangile d’aujourd’hui, Jésus rassure ses disciples par trois fois en disant : « N’ayez pas peur ! »

De nos jours aussi, frères et sœurs, la persécution contre les chrétiens est présente. Nous prions pour nos frères et sœurs qui sont persécutés et nous louons Dieu, parce qu’en dépit de cela ils continuent à témoigner de leur foi avec courage et avec fidélité.

Que leur exemple nous aide à ne pas hésiter à prendre position pour le Christ, en lui rendant témoignage courageusement dans les situations de chaque jour, y compris dans des contextes apparemment tranquilles.

L’absence d’hostilité ou de tribulations peut en effet être une forme d’épreuve. Le Seigneur nous envoie aussi à notre époque non seulement comme « des brebis au milieu des loups », mais comme des sentinelles au milieu de gens qui ne veulent pas être éveillés de leur torpeur mondaine, qui ignore les paroles de Vérité de l’Evangile, en se construisant leurs propres vérités éphémères. Et si nous allons ou si nous vivons dans ces contextes et que nous disons les Paroles de l’Evangile, cela dérange et on nous regarde de travers.

Mais en tout cela, le Seigneur continue de nous dire, comme il le disait aux disciples de son temps : « N’ayez pas peur ! » N’oublions pas cette parole : quand nous avons quelque tribulation, quelque persécution, quelque chose qui nous fait souffrir, écoutons toujours la voix de Jésus dans notre cœur : « N’ayez pas peur ! N’aie pas peur, avance ! Je suis avec toi! »

N’ayez pas peur de qui vous ridiculise et vous maltraite, et n’ayez pas peur de qui vous ignore ou « devant » vous honore mais « derrière » combat l’évangile. Il y en a tant qui, devant, nous font des sourires et, derrière, combattent l’évangile. Nous en connaissons tous. Jésus ne nous laisse pas seuls parce que nous sommes précieux pour lui.  C’est pour cela qu’il ne nous laisse pas seuls : chacun de nous est précieux pour Jésus, et Lui, nous accompagne.

Que la Vierge Marie, modèle d’adhésion humble et courageuse à la Parole de Dieu, nous aide à comprendre que dans le témoignage de la foi ce ne sont pas les succès qui comptent mais la fidélité, la fidélité au Christ, reconnaissant en toute circonstance, même les plus problématiques, le don inestimable d’être ses disciples missionnaires. © Traduction de ZENIT, Anita Bourdin

Source : https://fr.zenit.org/articles/angelus-ce-ne-sont-pas-les-succes-qui-comptent-mais-la-fidelite/

Accueillir Jésus à la place du “moi” 18 juin 2017

Chers frères et sœurs, bonjour ! En Italie et dans beaucoup d’autres pays on célèbre ce dimanche la fête du Corps et du Sang du Christ – on emploie souvent le nom latin : Corpus Domini ou Corpus Christi. Chaque dimanche la communauté ecclésiale se rassemble autour de l’Eucharistie, sacrement institué par Jésus dans la Dernière Cène. Cependant, chaque année nous avons la joie de célébrer la fête dédiée à ce Mystère central de la foi, pour exprimer en plénitude notre adoration au Christ qui se donne comme nourriture et boisson de salut.

L’extrait évangélique du jour, tiré de saint Jean, est une partie du discours sur le “pain de vie” (cf. 6,51-58). Jésus affirme : «Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel. […] Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde.» (v. 51). Il veut dire que le Père l’a envoyé dans le monde comme nourriture de vie éternelle, et que pour cela Il sacrifiera Lui-même, sa chair. En effet Jésus, sur la croix, a donné son corps et a versé son sang. Le Fils de l’homme crucifié est le véritable Agneau pascal, qui fait sortir de l’esclavage du péché et soutient sur le chemin vers la terre promise. L’Eucharistie est sacrement de sa chair donnée pour faire vivre le monde ; celui qui se nourrit de cet aliment demeure en Jésus et vit par Lui. Assimiler Jésus signifie être en Lui, devenir enfant dans le Fils.

Dans l’Eucharistie Jésus, comme il le fit avec les disciples d’Emmaüs, nous accompagne, pèlerins dans l’histoire, pour nourrir en nous la foi, l’espérance et la charité ; pour nous réconforter dans les épreuves ; pour nous soutenir dans l’engagement pour la justice et la paix. Cette présence solidaire du Fils de Dieu est partout : dans les villes et dans les campagnes, au Nord et au Sud du monde, dans les pays de tradition chrétienne et dans ceux de première évangélisation. Et dans l’Eucharistie Il s’offre lui-même comme force spirituelle pour nous aider à mettre en pratique son commandement – nous aimer comme Il nous a aimé –, en construisant des communautés accueillantes et ouvertes aux besoins de tous, spécialement des personnes plus fragiles, pauvres et nécessiteuses.

Nous nourrir de Jésus Eucharistie signifie aussi nous abandonner à Lui avec confiance et nous laisser conduire par Lui. Il s’agit d’accueillir Jésus à la place du “moi”. De cette façon l’amour gratuit reçu du Christ dans la Communion eucharistique, avec l’œuvre de l’Esprit Saint nourrit notre amour pour Dieu et pour les frères et les sœurs que nous rencontrons sur le chemin de tous les jours. Nourris du Corps du Christ, nous devenons toujours plus intimement et concrètement le Corps mystique du Christ. L’apôtre Paul nous le rappelle : « La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ ? Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain. » (1 Cor 10,16-17).

Que la Vierge Marie, qui a été toujours unie à Jésus Pain de vie, nous aide à redécouvrir la beauté de l’Eucharistie, à nous en nourrir avec foi, pour vivre en communion avec Dieu et avec les frères. Traduction de Zenit, Anne Kurian

Source : https://fr.zenit.org/articles/accueillir-jesus-a-la-place-du-moi-angelus-integral/

 

La Sainte Trinité fait rayonner «une lumière nouvelle sur la terre» 11 juin 2017

Chers frères et sœurs bonjour !

Les lectures bibliques de ce dimanche, fête de la Très Sainte Trinité, nous aident à entrer dans le mystère de l’identité de Dieu.

La seconde lecture présente les vœux que saint Paul adresse à la communauté de Corinthe : « Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu, et la communion de l’Esprit Saint soient avec vous tous » (2 Co 13,13).

Cette « bénédiction » de l’apôtre est le fruit de son expérience personnelle de l’amour de Dieu, cet amour que le Christ ressuscité lui a révélé, qui a transformé sa vie et l’a « poussé » à apporter l’Evangile aux gentils.

A partir ce cette expérience de grâce, Paul peut exhorter les chrétiens par ces paroles : « Soyez joyeux, tendez à la perfection, encouragez-vous mutuellement, […] vivez en paix » (v. 11). La communauté chrétienne, malgré toutes les limites humaines, peut devenir un reflet de la communion de la Trinité, de sa bonté, et de sa beauté. Mais cela, comme Paul lui-même en témoigne, passe nécessairement par l’expérience de la miséricorde de Dieu, de son pardon.

C’est ce qui arrive aux juifs sur le chemin de l’Exode. Quand le peuple a rompu l’Alliance, Dieu s’est présenté à Moïse dans la nuée pour renouveler le pacte, en proclamant son nom et sa signification : « Le Seigneur, Dieu miséricordieux et de compassion, lent à la colère et riche en amour et en fidélité » (Ex 34,6). Ce nom exprime que Dieu n’est pas lointain ni fermé en lui-même, mais qu’il est Vie qui veut se communiquer, qu’il est ouverture, qu’il est Amour qui rachète l’homme de son infidélité, parce qu’il s’offre à nous pour combler nos limites et nos manques, pour pardonner nos erreurs, pour nous ramener sur la voie de la justice et de la vérité.

Cette révélation de Dieu est arrivée à son accomplissement dans le Nouveau Testament grâce à la parole du Christ et à sa mission de salut. Jésus nous a manifesté le visage de Dieu, Un dans la substance et Trine dans les personnes. Dieu est tout entier et uniquement Amour, dans une relation subsistante qui crée, rachète et sanctifie toute chose : Père, Fils et Esprit Saint.

L’Evangile d’aujourd’hui « met en scène » Nicodème, qui, tout en occupant un poste important dans la communauté religieuse et civile de l’époque,  n’a pas cessé de chercher Dieu. Et voilà qu’il a perçu l’écho de la voix de celui-ci en Jésus. Au cours du dialogue nocturne avec le Nazaréen, Nicodème comprend finalement qu’il est déjà cherché et attendu par Dieu, qu’il est aimé de lui personnellement.

Dieu, toujours, nous cherche en premier, nous attend en premier, nous aime en premier. C’est comme la fleur de l’amandier. Le prophète dit: « Elle fleurit en premier » (cf. Jer 1, 11-12).

Jésus lui parle en effet ainsi : « Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle » (Jn 3, 16).  Qu’est-ce que cette vie éternelle? C’est l’amour démesuré et gratuit du Père que Jésus a donné sur la croix, offrant sa vie pour notre salut. Cet amour, par l’action de l’Esprit Saint, a fait rayonner une lumière nouvelle sur la terre et dans tout cœur humain qui l’accueille, une lumière qui révèle les angles sombres, les duretés qui nous empêchent de porter les bons fruits de la charité et de la miséricorde.

Que la Vierge Marie nous aide à entrer toujours davantage, avec tout notre être, dans la communion trinitaire, pour vivre et témoigner de l’amour qui donne un sens à notre existence.

© Traduction de ZENIT, Anita Bourdin

Source : https://fr.zenit.org/articles/la-sainte-trinite-fait-rayonner-une-lumiere-nouvelle-sur-la-terre

La fête de l’Ascension « révèle pourquoi l’Eglise existe » 

Chers frères et sœurs bonjour !

On célèbre aujourd’hui l’Ascension, survenue 40 jours après Pâques, en Italie et dans d’autres pays.

La page évangélique (cf. Mt 28,16-20), qui conclut l’évangile de saint Matthieu, nous présente le moment du congé définitif du Ressuscité à ses disciples. La scène est située ne Galilée, le lieu où Jésus les avait appelés à le suivre et à former le premier noyau de sa nouvelle communauté. Maintenant, ces disciples sont passés par le « feu » de la passion et de la résurrection. A la vue du Seigneur ressuscité, ils se prosternent devant lui, mais certains ont encore des doutes. A cette communauté apeurée, Jésus laisse la tâche immense d’évangéliser le monde et il concrétise cette mission par l’ordre d’enseigner et de baptiser au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit (cf. v. 19).

L’Ascension de Jésus au Ciel constitue ainsi le terme de la mission que le Fils a reçue du Père et la mise en route de la poursuite de cette mission de la part de l’Eglise. A partir de ce moment-là en effet, la présence du Christ dans le monde a pour médiation ses disciples, ceux qui croient en lui et qui l’annoncent.

Cette mission durera jusqu’à la fin de l’histoire et jouira chaque jour de l’assistance du Seigneur ressuscité, qui déclare : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (v. 20).

Sa présence apporte force dans les persécutions, réconfort dans les tribulations, soutien dans les situations de difficulté que rencontrent la mission et l’annonce de l’Evangile.

L’Ascension nous rappelle cette assistance de Jésus et de son Esprit qui donne confiance, donne sécurité à notre témoignage dans le monde. Elle nous révèle pourquoi l’Eglise existe : l’Eglise existe pour annoncer l’Evangile ! Seulement pour cela. Et aussi c’est la joie de l’Eglise d’annoncer l’Evangile. L’Eglise, c’est nous tous, les baptisés !

Nous sommes aujourd’hui invités à mieux comprendre que Dieu nous a donné la grande dignité et la grande responsabilité de l’annoncer au monde, de le rendre accessible à l’humanité. Voilà notre dignité, voilà le plus grand honneur de chacun de nous, de nous tous les baptisés !

En cette fête de l’Ascension, alors que nous tournons le regard vers le Ciel, où le Christ est monté et est assis à la droite du Père, nous fortifions nos pas sur la terre, pour continuer avec courage et enthousiasme notre chemin, notre mission de témoigner et de vivre de l’Evangile dans tous les milieux.

Mais nous sommes bien conscients que cela ne dépend pas avant tout de nos forces, de la capacité d’organisation ou des ressources humaines. C’est seulement avec la lumière et avec la force de l’Esprit Saint que nous pouvons accomplir efficacement notre mission de faire connaître toujours davantage et de faire faire aux autres l’expérience de l’amour et de la tendresse de Jésus.

Demandons à la Vierge Marie de nous aider à contempler les biens célestes que le Seigneur nous promet et à devenir des témoins toujours plus crédibles de sa Résurrection, de la vraie Vie. © Traduction de ZENIT, Anita Bourdin

https://fr.zenit.org/articles/la-fete-de-lascension-revele-pourquoi-leglise-existe-traduction-complete/

 

 

 

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